Conte de Fée: Aladin et la lampe merveilleuse

Quelque part en Afrique, vivait un puissant magicien qui possédait d’innombrables trésors, obtenus par magie. Un jour qu’il était assis devant ses étranges instruments grâce auxquels il pouvait voir le futur, il vit dans un tourbillon de fumée quelque chose qui lui coupa le souffle.

Dans une ville lointaine vivait un jeune garçon, Aladin, qui possédait, sans le savoir, un très grand pouvoir magique. Plus encore, enterré dans une cave sous une colline hors les murs de la ville, se trouvait le plus merveilleux trésor qui soit au monde. Ce n’était pas tout, dans la même cave se trouvait une vieille lampe qui pouvait exaucer tous les désirs de celui qui la possédait. Aladin, et Aladin seulement, pouvait se rendre maître et du trésor et de la lampe.

Le magicien, fasciné par ce qu’il avait vu, revint subitement sur terre « Ne suis-je pas un grand magicien ? » se dit-il, « je ne vais certaine-ment pas laisser un tel trésor entre les mains de cet ignorant. »
En hâte il se déguisa en religieux et, frottant l’anneau magique qu’il avait au doigt, dit « Conduis-moi dans la ville d’Aladin. » En un éclair il fut dans la rue où Aladin jouait avec ses compagnons. Dès qu’il l’eut reconnu, le magicien appela le jeune garçon : « Aladin, mon cher neveu ! Viens que je t’embrasse ! Cela fait Si longtemps que je te cherche. »
Aladin, le regardant avec étonnement, répondit « Je ne vous connais pas, ma mère ne m’a jamais parlé d’un oncle et mon regretté père ne m’avait de sa vie parlé d’un frère. » « Mon pauvre enfant », dit an pleurant le magicien, « cela fait Si longtemps que je n’ai pas vu ton cher père et il me faut apprendre maintenant qu’il est mort… Mon cher enfant », continua-t-il, « par amour pour ton défunt père je veux prendre en charge ton éducation et faire de toi une personne respectable, car je vois à tes vêtements que ta mère a bien du mal à vous faire vivre. » « Mon oncle », dit Aladin, « ma mère, en effet, n’est qu’une pauvre ouvrière, allons la trouver pour lui annoncer la bonne nouvelle».

Tout d’abord la pauvre veuve ne voulut pas croire le mystérieux étranger, mais elle se radoucit quand il lui donna dix pièces d’or afin qu’elle achète des vêtements à son fils.

« Mais seulement les plus beaux », précisa-t-il avant de s’en aller, « car, Si Aladin doit devenir riche et puissant, il doit être vêtu an conséquence. J’en jugerai par moi-même demain car dès le lever du jour je le prendrai à ma charge. » La mère d’Aladin employa les dix pièces d’or à l’achat des plus beaux et des plus fins vêtements qu’elle pût trouver.

Le matin suivant, quand l’étranger revint, Aladin l’attendait, vêtu aussi somptueusement que les enfants des plus riches de la ville. « Parfait », approuva le magicien, « maintenant allons, il n’y a plus de temps à perdre. » Il l’emmena dans de splendides jardins pleins de fleurs merveilleuses qui embaumaient. Leurs pétales multicolores se reflétaient dans les pièces d’eau, bordées de mosaïques et de fontaines. Ils se reposèrent sur une pelouse douce comme du velours et écoutèrent le chant des oiseaux. Aladin n’avait jamais rien vu ni entendu d’aussi beau, même dans ses rêves… Quand le magicien vit Aladin aussi émerveillé, il se frotta les mains, son plan devait réussir. « Je vais te faire voir des choses extraordinaires et inconnues de tous les mortels, des richesses que personne n’a jamais vues», promit-il, alors qu’ils approchaient de la colline sous laquelle était enfoui le trésor.

Le magicien commença à mesurer le sol puis il s’arrêta. Ayant allumé un feu de quelques brindilles, il y jeta une poignée d’encens. Bientôt il n’y eut plus qu’un épais nuage de fumée. « Regarde à travers la fumée », dit le magicien lui montrant le sol. Aladin, surpris, découvrit une trappe pourvue d’un anneau en fer.

« Tu vas soulever cette trappe et descendre dans les profondeurs de la terre », murmura le faux-oncle, « tu passeras par des couloirs, des salles, des jardins, tout ce que tu pourras prendre sur le chemin sera à toi, la seule chose que je désire est une lampe qui est accrochée dans une des salles. »
« Avec plaisir, mon oncle », dit Aladin, « mais pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi ? » « Je reste ici pour veiller sur ta sécurité », dit le magicien, « maintenant vas-y. » Aladin attrape l’anneau et soulève la trappe avec tant de facilité que le magicien en est suffoqué. Le jeune garçon arrive à un passage obscur après avoir traversé de grandes salles pleines d’or, d’argent, de diamants, de perles et autres pierres précieuses. Sans le savoir il a découvert le plus riche trésor du monde. Il continue d’avancer et arrive à un jardin merveilleux. Les arbres ploient, tant leurs branches sont chargées de fruits. Mais ce ne sont pas des fruits ordinaires, leur éclat est éblouissant. De chaque branche tombent des diamants, des perles, des rubis d’un rouge intense, des améthystes, des émeraudes et des saphirs. Les pétales des fleurs sont d’or fin et dignes d’orner la tête d’une princesse. Dans une niche est accrochée la lampe. Elle est vieille, poussiéreuse et éclaire faiblement. Aladin la décroche avec précautions, éteint la flamme, jette l’huile et prend le chemin du retour. Alors seulement il prend le temps d’admirer les richesses qui l’entourent et d’en remplir ses poches. Le magicien l’attend dans la plus grande impatience. Quand il le voit, il crie: « Que de temps il t’a fallu! Viens maintenant, passe-moi la lampe et je t’aiderai à sortir. »
«Je ne peux pas, mon oncle, elle est trop lourde, aidez-moi d’abord à sortir », bégaie Aladin. Mais le magicien n’a pas la moindre intention de l’aider. Il veut la lampe pour ensuite se débarrasser du jeune garçon. Il insiste, tour à tour doux et menaçant, mais en vain. Aladin essaie encore, et encore, mais il ne peut réussir à soulever la lampe jusqu’à l’ouverture. Alors le magicien entre dans une fureur épouvantable.

« Ingrat », hurle-t-il, « je vais te donner une leçon. Et à ces mots il jette une seconde poignée d’encens dans le feu, tout en marmonnant des paroles magiques dans une langue inconnue. La dalle de pierre se met à bouger et, lentement, recouvre l’ouverture.

« Puisque je ne peux pas avoir cette lampe, tu peux mourir, personne ne viendra te chercher là », dit-il avec un rire mauvais. Puis il frotte l’anneau magique et disparaît.

Aladin est tout seul dans l’obscurité. Comment aurait-il pu penser que son oncle le traiterait aussi cruellement. Il appelle au secours mais personne ne peut l’entendre et il ne peut sortir de là sans aide. Il remonte les couloirs, les salles, jusqu’au jardin merveilleux, cherchant une issue éventuelle. Mais rien. Désespéré, il revient au point de départ et, se laissant tomber dans un coin, il pleure silencieusement. Puis il se met à prier. Comme il prie, ses doigts accrochent la vieille lampe et soudain un génie à la figure énorme se matérialise devant lui.

« Maître, vous m’avez appelé, que désirez-vous ? » demande-t-il à Aladin.

« Emmène-moi auprès de ma mère », ordonne le jeune garçon, abasourdi et, avant d’être revenu de son étonnement, il se trouve devant la porte de sa maison …

Il raconte ses aventures à sa mère qui convient avec lui que la lampe renferme un pouvoir magique et ils comprennent alors pourquoi le magicien y tenait tant.

Aladin est fou de joie : « Finies la pauvreté et les privations ! » et, joignant le geste à la parole, il fait de nouveau apparaître le génie auquel il commande à dîner. Le génie disparaît un instant et reparaît chargé d’une bassine et de douze plats d’argent, chacun rempli de mets plus délicats les uns que les autres. Le génie apporte également du vin et des fruits délicieux, qu’il place devant Aladin et sa mère.

Cette dernière ne peut en croire ses yeux et tremble de crainte « Jette cette lampe, mon fils, elle est ensorcelée et ne nous apportera que des ennuis. »
« Mais c’est elle qui m’a libéré de cette trappe dans laquelle mon prétendu oncle m’avait enfermé ! » proteste Aladin en commençant à manger. Pourtant sa mère ne cesse de s’inquiéter et de trembler.

Pour lui faire plaisir, Aladin promet de cacher la lampe dans un endroit sûr et de chercher un travail honnête. Puis tous deux décident de vendre les plats d’argent, et ainsi de vivre un certain temps confortablement.

Pendant la journée, Aladin va de marché en marché, regardant travailler les orfèvres et les commerçants en essayant d’apprendre quelque chose.

Un jour il décide d’ouvrir lui-même un commerce; emportant avec lui les pierres précieuses qu’il a ramenées du jardin merveilleux, il quitte la maison. Il a à peine fait quelques pas qu’il entend les trompettes du messager du sultan « Rentrez chez vous », crie celui-ci, « fermez portes et fenêtres, la princesse Badroulboudour, fille du sultan, va passer, elle ne doit pas être vue. Si quelqu’un désobéit à cet ordre, il aura la tête coupée. »
Aladin a souvent entendu parler de la beauté de la princesse et il brûle d’envie de la voir. Inconscient du danger, il se cache donc derrière une porte et attend qu’elle passe. En effet la princesse est la plus belle brune que l’on peut voir au monde, elle éclipse par sa beauté toutes les servantes qui l’entourent.. Quand elle passe devant la porte derrière laquelle se cache Aladin, le vent soulève légèrement son voile, découvrant ainsi un visage dont la perfection le fait trembler d’émotion.

Une fois la princesse passée, il reprend ses pierres précieuses et rentre en courant chez lui. Il a toujours devant ses yeux, la vision de la princesse et, bien que sa raison sache que c’est pure folie, son coeur déborde d’amour. Il ne peut plus ni manger ni dormir. Sa mère le remarque et lui en demande la raison.

« Hélas mon fils ! » se lamente-t-elle lorsqu’il lui raconte son tourment, « la fille du sultan n’est pas pour quelqu’un comme toi, quelque soit ton amour pour elle, mon fils, il n’y faut plus penser. » « Ma fortune peut égaler celle du sultan », rétorque Aladin, « j’ai beau n’être que le fils d’un pauvre tailleur, je suis sûr que le sultan ne possède pas de pierres précieuses comparables aux miennes. » Aladin dispose ses pierres précieuses dans le bassin d’argent et ajoute : « Chère mère, vous allez vous présenter au sultan et demander pour moi la main de la princesse. Prenez ces joyaux et offrez-les au sultan, ne me refusez pas cette faveur, je vous en supplie, ou je mourrai de chagrin. »
Il n’y a rien qu’une mère ne ferait pour son fils. La mère d’Aladin prend donc le bassin plein de joyaux et, courageusement, se rend au palais. Aprn’s avoir franchi d’innombrables portes, elle arrive au divan, pièce immense où se trouvent les nobles, les vizirs et les juges de la cour. Au centre de la pièce, trône le sultan en personne, écoutant les requêtes de ses sujets. Quand elle le voit, la mère d’Aladin se sent défaillir et elle veut rebrousser chemin mais le sultan la remarque.

« Faites venir cette femme, je suis curieux de savoir ce qu’elle désire », dit-il à son grand vizir.

Une fois devant lui, la mère d’Aladin se prosterne, baise le tapis qui couvre les marches du trône et dit « Avant d’exposer à Sa Majesté le sujet extraordinaire qui me fait paraître devant son trône, je la supplie de me pardonner la hardiesse de la demande que je viens lui faire. »
« Relève-toi, bonne femme », répond gentiment le sultan, « quoi que ce puisse être, je te le pardonne dès à présent et il ne t’arrivera pas le moindre mal parle hardiment. »
« J’ai un fils nommé Aladin », commence-t-elle et, d’une voix tremblante, elle raconte comment son fils, bien que ce soit interdit, a vu la princesse et, devant sa beauté incomparable, en est tombé follement amoureux. « Et je suis venue ici pour demander à Sa Majesté la main de sa fille pour mon fils. »
« Et qu’est-ce qui te permet de penser qu’il est digne de ma fille ? »questionne le roi amusé. « Il vous envoie ce présent », répond bravement la mère d’Aladin en découvrant le bassin d’argent. Un murmure d’admiration parcourt l’assemblée. Le sultan, revenu de son étonnement, se penche vers son grand vizir et lui dit : « Chacune de ces pierres vaut à elle seule dix fois plus que ma fortune tout entière, que dis-tu d’un tel cadeau? Que dois-je répondre?» « Je dois reconnaître que le présent est digne de la princesse », répond le vizir à contrecoeur, « mais je pense qu’il serait prudent d’attendre quelques mois avant de vous prononcer, car je suis très soupçonneux quant a l’origine de ces pierres… »
« Rentre chez toi, bonne femme », reprend le sultan, « et dis à ton fils que j’accepte sa requête mais qu’il lui faudra attendre trois mois car il me faut le temps de faire tous les préparatifs Aussi, reviens au bout de ce temps-là. » La mère, débordante de joie, se dépêche de rentrer pour annoncer la bonne nouvelle. Cette nuit-là, Aladin s’endort le coeur léger, en remerciant Dieu de sa bonté. Mais il ne sait pas que le grand vizir est prêt à tout pour l’empêcher d’épouser la princesse, car lui-même a un fils qu’il veut marier à la fille du sultan afin qu’il monte un jour sur le trône. D’ailleurs, le sultan ne lui a-t-il pas promis la princesse pour son fils bien avant que la mère d’Aladin ne, se présente? Va-t-il laisser un inconnu gâcher ses plans? Le grand vizir sait ce qu’il lui reste à faire: le sultan devient vieux et il perd un peu la tête. S’il n’entend plus parler d’Aladin pendant quelque temps, il oubliera sa promesse. Alors il pourra même le convaincre habilement que son propre fils est plus digne d’épouser la princesse Badroulboudour.

Le vizir ne perd pas de temps. Le plus important dans la préparation d’un mariage est la procession qui, à travers la ville, se rendra jusqu’au palais du sultan.

Le grand jour arrive. Des soldats et des gardes en uniforme de cérémonie défilent dans les rues tandis que la population s’active à allumer des lampions et à jeter des fleurs.

Aladin ne sait rien de tout cela, car il ne quitte pratiquement pas sa chambre, comptant les jours qui le séparent de sa chance. Pourtant ce soir-là, il s’aventure dans les rues et, étonné de voir la ville en fête, demande quelle est la raison de cette agitation. « Nous célébrons aujourd’hui le mariage du fils du grand vizir avec la princesse Badroulboudour, étranger », lui répond-on. « Nous attendons que l’époux sorte du bain pour l’accompagner jusqu’au palais… »
Aladin n’attend pas plus longtemps, il court jusqu’à sa chambre, prend la lampe qu’il avait cachée et fait glisser ses doigts sur le bronze.

« Que désirez-vous, maître ? » demande aussitôt le génie.

« En ce moment même la procession du mariage de la princesse Badroulboudour marche vers le palais du sultan. Je veux prendre la place du prétendant. Mène le fils du vizir chez lui et enferme-le. Procure-moi aussi les mêmes vêtements que les siens. »
« Il sera fait selon votre désir, maître », répond l’esclave de la lampe. En un dm d’oeil Aladin est habillé et parfumé comme un prince et transporté au palais. La procession arrive à hauteur des portes du palais et personne n’a remarqué la substitution. Seuls le sultan et le grand vizir s’étonnent à la vue de ce mystérieux étranger. Aladin se jette aux pieds du sultan « Monarque au-dessus des Monarques du monde», commence-t-il, « je viens au sujet de la promesse que vous avez faite à ma mère… »
Le sultan irrité se tourne vers le grand vizir : « Je me souviens », dit-il, « ce doit être cet Aladin. Toi, mécréant, tu voulais que ton fils prenne sa place. » « Je pensais seulement à votre intérêt », dit le vizir, furieux de la tournure des événements, « et Si vous voulez bien me permettre ce conseil, demandez à cet homme une dot digne de la princesse, vous ne savez même pas quelle est sa fortune. »Le sultan réfléchit un moment et dit « Notre coutume, Aladin, est d’exiger une grosse dot pour une princesse. Pour ma fille, je demande quarante plats d’or fin remplis de pierres précieuses. A cette seule condition je te donnerai ma fille. »
« Que Sa Majesté attende un instant, je reviens avec la dot qu’elle demande », répond Aladin au grand étonnement des personnes pré-sentes. En hâte il rentre chez lui; un instant plus tard, on le voit apparaître dans la rue suivi de quarante servantes, chacune portant sur la tête un plat du plus bel or rempli des plus beaux joyaux. Il s’est procuré tout cela grâce à sa lampe magique… Quelle magnifique procession ! Aladin marche en tête, sur un superbe cheval arabe, suivi de sa mère, habillée comme une reine et accompagnée de douze esclaves. Des cavaliers les suivent, jetant à la foule émerveillée des milliers de pièces d’or.

Le sultan peut à peine en croire ses yeux. Il vient lui-même à la rencontre d’Aladin, l’embrasse comme son propre fils et, n’écoutant plus les avertissements jaloux de son vizir, il donne l’ordre de commencer les festivités.

En un instant la musique retentit et le sol se met à trembler sous les pieds des danseurs. Le palais ruisselle de lumières et tout le monde s’amuse. Le sultan, à qui Aladin a plu tout de suite, appelle ses juges et ordonne que le contrat de mariage soit signé sur-le-champ. Une fois la chose faite, Aladin se lève et demande la permission de se retirer.

« Où voulez-vous aller, mon fils ? » lui demande le sultan, « au­jourd’hui est un grand jour et votre épouse vous attend. »
« Sa beauté est telle qu’elle mérite davantage que ce que j’ai pu lui donner jusqu’à présent », répond Aladin. « J’ai décidé qu’avant le lever du jour, j’aurai fait construire un palais digne de recevoir la princesse. J’aimerais que vous choisissiez vous-même l’emplacement de notre future demeure. »
« Choisissez la partie de mon royaume qu’il vous plaira, si vous pensez que c’est nécessaire », dit le sultan, « mais vous n’avez pas besoin d’un palais car à partir de ce jour, celui-ci est le vôtre. »
Cette nuit-là, une armée de génies invisibles travaille à la construction du palais d’Aladin tout pres de celui du sultan. Il est tout de marbre fin, de jade et d’agate; les pièces sont ornées d’or et d’argent, les murs de magnifiques tentures et les sols de merveilleuses mosaïques. Avant le lever du jour, le palais retentit des voix des servantes, du bruit de la vaisselle et du hennissement des chevaux dans les écuries. Le soleil se lève sur un tapis de velours qui court du palais d’Aladin au palais du sultan. Ainsi font les esclaves de la lampe conformément aux ordres d’Aladin.

La princesse Badroulboudour tombe éperdument amoureuse d’Aladin dès qu’elle le voit et les festivités de leur mariage durent quarante jours et quarante nuits dans le plus grand apparat. Le grand vizir, voyant que sa cause est perdue à jamais, ne tente plus d’empêcher leur bonheur.

Ils auraient donc pu vivre parfaitement heureux si, quelque part, le terrible magicien ne s’était un jour souvenu d’Aladin. Encore une fois, du fin fond de l’Afrique, il décide d’essayer de rentrer en possession de la lampe merveilleuse et de savoir ce qu’il est advenu de cet Aladin qu’il a emprisonné dans la trappe. Il s’installe donc devant ses instruments et prononce la formule magique. Quelle n’est pas sa surprise de voir qu’Aladin vit comme un prince et qu’il a épousé la fille du sultan lui-même!
Il entre dans une colère terrible, criant et gesticulant comme s’il était possédé par le diable, tout en se demandant comment lui dérober la fameuse lampe, car il est sûr que le fils d’un misérable tailleur n’a pu devenir gendre du sultan sans l’aide des pouvoirs magiques de la lampe.

Il se décide à agir et sans perdre une minute il frotte son anneau magique. En un éclair, le voilà transporté dans la ville même où vit Aladin. Il se promène dans les rues questionnant les passants. Bientôt il sait tout ce qu’il veut savoir sur Aladin et son palais. Alors il achète une douzaine de lampes neuves et commence à arpenter les rues en criant: « Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve? Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve ? »
Les citadins pensant que le camelot a perdu la raison profitent sans chercher davantage de cette offre inespérée. Le magicien échange en souriant lampe après lampe tout en se rapprochant du palais d’Aladin.

Quand il arrive aux portes du palais, il ne lui reste plus qu’une lampe « Une lampe neuve contre une vieille », crie-t-il sous les fenêtres d’Aladin. Il a appris qu’Aladin et son épouse ne sont pas au palais, ainsi ne craint-il pas d’être découvert. Il tremble d’émotion lorsque l’un des esclaves du palais ouvre la fenêtre et lui crie : « Attends un instant, notre maître a une tres vieille lampe dans sa chambre. Je crois qu’il serait bien content, si on la lui changeait pour une neuve. »
Le magicien n’en croit pas ses yeux, l’esclave lui donne contre une neuve, la lampe merveilleuse qu’il désire depuis si longtemps… Dès qu’il l’a entre les mains, il se hâte de quitter la ville, puis il attend que la nuit tombe et que le palais soit endormi. Alors il frotte la lampe et le génie lui apparaît. « Maître, que désirez-vous ? » demande-t-il. « Je veux que le palais d’Aladin ainsi que la princesse soient transportés chez moi en Afrique, mais je veux qu’Aladin reste ici. Il s’expliquera lui-même avec le sultan », dit-il avec un rire mauvais.

La nuit est sans étoile et sans lune. Tout à coup, sans que personne ne s’en aperçoive, le palais s’élève dans le ciel, ne laissant à la place qu’une vaste surface de terre battue. Le matin, quand le sultan se réveille, il regarde comme il en a l’habitude, vers le palais d’Aladin. Mais ce jour-là, il ne peut en croire ses yeux, est-il en train de rêver? Hélas non on aurait dit qu’un énorme coup de vent a balayé la terre et a tout emporté. A la place du palais, il n’y a plus qu’un espace vide. Horrifié, le vieux sultan fait appeler son grand vizir. « Dis-moi ce que tu vois », lui ordonne-t-il en ouvrant la fenêtre.

« Majesté, le palais du prince a disparu », s’écrie le vizir stupéfait. Puis, se tournant vers le sultan, il ajoute : « Si seulement vous m’aviez écouté, j’ai toujours pensé que cet Aladin avait usé de moyens malhonnêtes et de magie pour épouser votre fille ! Il faut l’attraper, le punir sévèrement et le forcer à s’expliquer. »
Le sultan, la veille encore Si attentionné pour Aladin, ne pense plus maintenant qu’à se venger.

« Il faut qu’il souffre les pires tortures », crie-t-il, fou de rage, « lancez les gardes à sa recherche, qu’on fouille toute la ville pour le retrouver. »
Ils ne cherchent pas longtemps. Aladin dort profondément près d’un buisson. On l’amène devant le sultan fou furieux et lorsqu’il est jeté dans le plus noir et le plus profond cachot, il n’a toujours pas compris ce qui lui arrive. Il est là impuissant, sans défense. Très loin au-dessus de lui, il entend la voix du sultan « Je te donne quatre jours et quatre nuits, Si d’ici là la princesse Badroulboudour n’est pas revenue, je te ferai couper la tête.»
Aladin l’écoute le coeur serré. Où donc est sa chère princesse? Il réfléchit longtemps à sa mystérieuse disparition et à la non moins mystérieuse disparition de son palais. Il comprend enfin que seul le magicien peut être l’auteur de ce crime. Mais comment le retrouver maintenant qu’il n’a plus sa lampe mèrveilleuse?
Tandis qu’Aladin souffre dans sa prison, le magicien fait sa cour à la pauvre princesse Badroulboudour.

« Rien ne sert de pleurer, belle princesse, vous ne reverrez jamais Aladin », lui répète-t-il sans cesse. « Maintenant que je vous ai fait amener ici, en Afrique, vous et votre palais, personne n’osera plus essayer de vous enlever à moi. Je vous ai choisie pour épouse et ce soir je viendrai vous demander votre main. Si vous refusez de me prendre pour époux, malheur à vous ! » ajoute-t-il d’une voix menaçante avant de la quitter.

La princesse se cache tout d’abord la tête dans les mains et se met à pleurer. Puis elle imagine un plan: si Aladin est impuissant, sans le secours de sa lampe, elle, au moins, peut agir. Ce soir-là, elle met sa plus belle robe, s’enduit des plus riches parfums et ordonne qu’on prépare un somptueux festin, accompagné des vins les plus forts. Puis elle s’assoit et attend le magicien. Elle l’accueille avec son plus doux sourire.

« Vous êtes mon maître », lui murmure-t-elle en se prosternant devant lui. Le magicien ne peut détacher les yeux de la merveilleuse princesse. “Je vois que vous avez pensé à ma proposition …”, commence-t-il, mais elle ne le laisse pas terminer. Elle l’invite à se mettre à table, lui offre un verre de vin. La soirée passe, la princesse parle, rit, dit mille bêtises et le magicien ne cesse de boire. « Je sais, mon maître », dit enfin la princesse, « que votre pouvoir dépasse de loin celui de tous les rois du monde, d’où le tenez-vous ? » “De cette lampe”, bégaie le magicien, sortant de sa robe la lampe rnerveilleuse, « il me suffit de la frotter ici et…», il ne peut terminer sa
phrase, il glisse lourdement sur le sol et se met à ronfler.La princesse n’attendait que cet instant, elle attrape la lampe et la frotte comme le magicien lui a indique.

« Que désirez-vous, maîtresse ? » demande le génie qui est si grand et si impressionnant que la princesse en est terrifiée. « Envoie ce magicien en enfer et reviens tout de suite », commande-t-elle, reprenant courage.

Le géant s’empare immédiatement du magicien et disparaît pour reparaître une seconde plus tard. « Vous n’entendrez plus parler de ce magicien », dit-il. « Désirez-vous autre chose, princesse ? »
« Ramenez ce palais où il était !»
La lampe une fois de plus réalise les désirs de la princesse. Avant que le coq ne chante, Aladin est libéré et rendu à sa princesse. Le sultan se réjouit avec eux et Aladin oublie bien vite les souffrances du cachot.

Mais à partir de ce jour, la lampe disparaît et on n’en entend plus parler. L’intelligente princesse l’a cassée en mille morceaux, elle en a brûlé une partie, enterré une autre et jeté le reste à la mer.

Ainsi agit-elle car elle craint l’envie et le désir de pouvoir qui sont souvent plus forts chez les hommes que la bonté…

Histoire pour enfants : Anta et Mamadou

Histoire Pour Dormir: Anita et Mamadou

Anta et Mamadou Un jeune homme du nom de Mamadou, qui voulait apprendre à lire et à écrire, partit un jour à la recherche d’une école.

Il quitta sa province pour se rendre dans la région du Kayor, au Sénégal.

Là vivait un savant qui enseignait aux enfants.

Mamadou resta auprès de son maître aussi longtemps que nécessaire.

Quand il sut lire et écrire parfaitement, il décida de rentrer chez lui.

Le jour de son départ, un camarade de classe, qui appartenait à l’espèce des génies, lui dit : Nous sommes amis.

Puisque tu t’en retournes chez toi, je vais te charger d’un message pour mes parents et je te transporterai dans ton village à la vitesse de l’éclair.

Tu ne sais pas qui je suis, mais moi je te connais bien, car nous sommes nés au même endroit.

Nous autres, les génies, nous vous reconnaissons très bien mais vous, les humains, vous ne pouvez pas nous apercevoir.

Quand tu seras chez toi, mets à ton doigt cette bague d’argent, et tu : underline;”>pourras voir les génies et leurs villages.

Si tu l’ôtes ou si tu la perds, tout disparaîtra de nouveau.

Le génie demanda ensuite à Mamadou de s’asseoir sur son tapis et de fermer les yeux.

À peine Mamadou avait-il obéi qu’il se retrouva, comme par magie, dans son village.

Le lendemain matin, Mamadou passa la bague à son doigt.

Il aperçut alors tous les génies et leurs villages.

Il alla rendre visite à la famille de son camarade.

Le génie, votre parent, vous envoie le bonjour, leur dit-il.

Et où est-il, notre cher enfant ? lui demanda-t-on.

Je l’ai laissé dans un village du Kayor.

Il continue de fréquenter l’école.

Ah, s’écrièrent les parents, notre brave petit se conduit bien ! Et toi, Mamadou, il faut que tu t’en retournes chez toi, mais, chaque fois que tu auras du temps libre, ne manque pas de venir nous voir.

Mamadou s’en retourna chez ses parents, mais, chaque fois qu’il en avait l’occasion, il rendait de longues visites aux génies.

C’est qu’il avait vu la sœur de son camarade, Anta, une jolie demoiselle, et qu’il désirait l’épouser.

Lorsqu’il lui fit sa déclaration, Anta répondit : Je ne demande pas mieux ! Pourtant, j’hésite à me marier avec un être humain… Vous êtes si coléreux ! Et si bavards ! Et vous mentez si facilement ! Chez nous, il n’en va pas de même : jamais un génie ne s’emporte, jamais il ne trahit un secret ; il ne parle que pour dire la vérité.

Mamadou protesta : Quand nous serons mariés, tu verras que, moi non plus, je ne m’emporte pas et que jamais je ne mens ! S’il en est ainsi, le mariage est conclu ! Je t’accepte : underline;”>pour mari.

Mais je te défends de révéler à quiconque que tu as épousé une femme de l’espèce des génies ! C’est entendu ! promit Mamadou.

Eh bien, déclara Anta, nous pouvons célébrer notre mariage.

Depuis, Anta et Mamadou vivaient heureux.

ais un jour qu’Anta avait quitté à l’aube le village pour se rendre dans sa famille, Mamadou se réveilla pour constater que, pendant la nuit, son grenier de mil avait pris feu, son pur-sang était mort, et son puissant taureau était tombé au fond du puits.

Mamadou, et toute sa famille avec lui, était désespéré.

Anta revint en fin de journée.

En s’approchant de la case de son mari, elle entendit la mère de celui-ci se lamenter : En un seul jour, voilàton grenier de mil dévoré par les flammes ! Ton cheval de race meurt ! Puis c’est ton grand taureau – un taureau de cinq ans ! – qui périt aussi ! Cette maison va être ruinée dans peu de temps ! Cela devait arriver !C’est la conséquence de ton mariage avec une femme de l’espèce desgénies ! À ces paroles, Anta décida de retourner dans sa famille.

Mais avant de disparaître, elle suivit Mamadou jusqu’aux champs usqu’aux champs et, lorsqu’il s’endormit pour la sieste, elle lui ôta sa bague d’argent.

À son réveil, Mamadou ne pouvait plus apercevoir les génies ni leurs villages.

Il essaya de suivre le chemin qui menait chez Anta, en vain.

Le village avait disparu.

Un beau jour, Anta revint dans le village de Mamadou.

Elle trouva celuici endormi, et le réveilla.

Il s’écria : « Anta ? ! D’où viens-tu ? Je viens de mon village.

Ce n’est pas vrai ! Vous l’avez tous quitté !Non.

Nous l’habitons toujours.

Alors pourquoi ne vivons-nous plus comme autrefois ? C’est qu’à présent notre mariage est rompu de par ma volonté ! Pourquoi l’as-tu rompu ? Parce que tu n’as pas tenu ta promesse ! Quand tu m’as demandé de devenir ta femme, ne t’ai-je pas déclaré qu’il me serait difficile de le rester parce que, vous autres humains, vous vous emportez, vous mentez et vous bavardez à tort et à travers ? Et quand donc me suis-je emporté ? En quoi ai-je menti ? Pourquoi dis-tu que j’ai été bavard ? Tu as eu la langue trop pendue.

Mais à quel propos ? Dis-le-moi enfin ! Souviens-toi du jour où ton grenier de mil fut consumé, où ton cheval est mort et ton grand taureau est tombé dans le puits.

Tout cela, je ne l’ignorais pas ! Mais je suis partie pour ne plus revenir, car j’ai entendu ta mère se plaindre de moi, ce qui est la preuve que tu lui as révélé notre secret et que tu as trahi ta promesse.

Je vais te raconter ce qui s’est réellement passé : : j’étais restée près de toi jusqu’à l’aube.

Azraël, l’ange de la mort aux bras parsemés d’yeux et portant un arbre sur la tête, est venu.

Il voulait s’emparer de toi.

Je l’ai repoussé et rejeté sur ton grenier de mil, qui a brûlé.

Il a essayé alors d’emporter ta mère.

Je l’ai jeté sur le cheval, qui s’est effondré sous son poids.

Il s’est néanmoins entêté à rester, prêt à se venger sur ta sœur.

Et moi, une troisième fois, je l’ai combattu et repoussé.

Il est tombé sur le taureau, qui mourut en basculant dans le puits.

Si je t’avais laissé mourir, ainsi que ta mère et ta sœur, que serait devenue ta maison ? Elle aurait été perdue ! Et si vous êtes tous encore en vie, ce fut grâce à l’incendie du grenier de mil, à la mort du cheval et à celle du taureau ! Ne vaut-il pas mieux que les choses se soient passées ainsi ? Tu m’as trahie, mais avant de te quitter pour toujours, je devais te révéler la vérité.

Et Anta s’en alla.

Jamais Mamadou ne la revit.

Hansel et Gretel – Histoire – conte pour enfants.

Il était une fois, à l’orée d’une forêt vivaient un bûcheron, ses deux enfants Hansel et Gretel, ainsi que leur belle-mère.

Cette année là, l'hiver fut très rude et le pain vint à manquer.

Le bûcheron, qui était très pauvre, répétait sans cesse : – "Qu'allons nous devenir? Comment nourrir nos enfants? " Une nuit, fatiguée de ses lamentations, sa femme lui dit: – "Voilà ce que tu feras!" -"Dès l'aube, tu les conduiras au plus profond de la forêt et tu les abandonneras! » Le bûcheron refusa immédiatement.

-"Ainsi préfères-tu que nous mourrions tous les quatre!" s'énerva t’elle.

Elle insista tant, que le bûcheron, désespéré, accepta.

Hansel, qui avait tout entendu, informa sa soeur du noir projet de leurs parents.

-"C'est affreux!" dit-elle.

Mais Hansel avait une idée en tête.

Il sortit discrètement de la maison et alla gratter la neige à la recherche de cailloux noirs.

Au lever du jour, le bûcheron proposa aux enfants d'aller couper du bois.

Ils marchèrent de longues heures dans la neige.

Arrivés à destination, leur père leur dit : -"Reposez-vous les enfants, je serai bientôt de retour.

" Les heures défilaient mais leur père ne revenait pas.

Le soleil pâlissait…Gretel se mit à pleurer.

-"Nous voilà perdus au fin fond de la forêt !" Hansel prit la main de sa petite soeur et y glissa quelques cailloux.

-"Ne t'en fais pas nous serons bientôt à la maison" dit-il.

Ils retrouvèrent très facilement le chemin du retour grâce aux pierres noires que le garçon avait semées dans la neige.

Le bûcheron, qui se sentait coupable, fut très soulagé, mais leur belle-mère était très contrariée.

Le soir même, elle proposa de les abandonner dès le lendemain.

Hansel qui avait encore tout entendu, se dépêcha d'aller ramasser d'autres cailloux, mais la porte de leur chambre était fermée à clé.

Le lendemain matin, leur belle-mère leur donna un morceau de pain et, accompagnés de leur père, ils se mirent à nouveau en route.

Peu avant le crépuscule, le bûcheron parvint à s'éclipser, laissant Hansel et Gretel, seuls dans la forêt.

Le petit garçon était très confiant.

Il avait jeté des miettes de pain sur tout le chemin.

Il déchanta très vite lorsqu'il vit un oiseau s'envoler avec l'une d'entre elles dans le bec.

-"Nous sommes perdus pour de bon cette fois-ci" dit Gretel.

Hansel ne répondit rien… sa soeur avait raison.

Une fois la nuit installée, les enfants avançaient dans le noir.

Ils étaient terrifiés et affamés.

Leur unique morceau de pain avait été sacrifié.

Les oiseaux s'étaient bien régalés.

Alors qu’ils commençaient à perdre espoir, ils aperçurent une faible lumière.

Ils coururent dans sa direction.

Ce qu'ils découvrirent les stupéfia ! Une maison ! mais pas une maison ordinaire.

Une maison tout en bonbons! N'écoutant que leurs ventres, ils se précipitèrent sur la bâtisse pour en grignoter tous les coins.

Des murs en pain d'épice! Comme c'est délicieux! De la neige de chantilly! Incroyable! Des buissons barbe à papa et des sucreries par milliers! Quel régal ! Soudain une voix gronda à l'intérieur: -" Qui va là? " La porte d'entrée s'ouvrit et une vieille dame très laide apparut sur le seuil.

-"Quelle honte ! Manger la maison des gens ! Ce sont bien là d’étranges manières !" reprocha t’elle.

Hansel et Gretel lui expliquèrent leur mésaventure et elle les invita à entrer.

-"Mes pauvres enfants" dit- elle avec douceur.

Elle leur apporta à tous deux un grand bol de chocolat chaud ainsi qu'une montagne de biscuits.

Après le repas, elle leur prépara deux petits lits douillets dans lesquels ils s'endormirent rapidement.

À l’aube, la vieille dame agrippa Hansel et le sortit de son lit.

Elle l'entraîna au salon, souleva un grand rideau et le jeta dans la cage qui se cachait derrière.

Sa gentillesse et sa maison en sucre était une ruse pour attirer les enfants chez elle, parce qu'en vérité c'était… UNE SORCIERE ! Elle secoua Gretel dans son sommeil: -"Debout ! Prépare à manger à ton frère, il est aussi sec qu'un os! Tâche de l'engraisser que je puisse le manger!" Les jours qui suivirent, la sorcière venait chaque matin s'assurer qu'Hansel prenait du poids.

-" tends ton doigt mon petit, que je vois si tu es assez gros!" Hansel lui tendait toujours un os.

La vieille dame, qui avait très mauvaise vue, enrageait : -"Comment peux-tu rester si maigre?" Un jour, elle ne voulut plus attendre et ordonna à Gretel de préparer le four.

– " Aujourd'hui il y aura du Hansel au menu !" Au bout d'une heure, elle ordonna à la petite fille : – " Faufile toi à l'intérieur du four et dis moi si il est assez chaud ! " – " Mais je ne sais pas comment faire " mentit Gretel.

-" Ce que tu peux être gourde ! Viens que je te montre ! " dit l'affreuse femme.

Tandis qu'elle se penchait en avant devant le four, Gretel la poussa de toutes ses forces ! puis elle délivra son frère pendant que la sorcière partait en fumée.

Dans la maison, ils trouvèrent des joyaux et des pièces d'or en grande quantité.

Les poches pleines de richesses, ils s'élancèrent dans la forêt.

Après de longues heures de marche, ils retrouvèrent enfin leur maison.

À leur arrivée, leur père pleura de joie.

Entre-temps, sa femme avait succombé, foudroyée par la maladie.

Il ne s'était jamais remis de l'avoir écoutée.

Hansel et Gretel annoncèrent en coeur que leurs soucis étaient bien finis et sur ces paroles ils vidèrent leurs poches de tout leur trésor.

Histoire pour enfants : Ammamellen et Élias

Ammamellen et Élias Ammamellen avait une sœur et toutes les fois qu'elle mettait au monde un garçon il le tuait Les choses se passèrent ainsi jusqu'à ce qu'un jour, ayant accouché en même temps que sa servante la sœur d'Ammamellen lui donna son fils et prit avec elle l'enfant de cette dernière Ammamellen vint saisit cet enfant et le tua Le fils de la femme libre resta chez la servanteservante il grandit et devint homme il s'appelait Élias Il n'est rien qu'Ammamellen, qui n'était pas dupe de la supercherie ne tentât pour attirer Élias dans un piège et le tuer Mais le garçon était plus rusé que lui et il ne put accomplir ses projets de meurtre.

un jour Élias se rendit chez Ammamellen il avait très soif et Ammamellen tenait secret le lieu où l'on trouvait de l'eau dans la montagne Le sol de la montagne était de roche dure et ne conservait pas l'empreinte des pieds Ammamellen allait la nuit avec ses serviteurs faire boire les troupeaux et rentrait pendant que tout le monde dormait encore Élias prit alors les souliers des serviteurs et les enduisit de graisse Le lendemain il suivit leurs traces Là où les souliers avaient touché le rocher, ils avaient laissé de la graisse le garçon Le garçon put ainsi arriver jusqu'à l'eau Ammamellen l'avait vu et le suivait Au moment où Élias, penché au-dessus de l'eau, s'apprêtait à boire il aperçut l'image d'Ammamellen qui tirait son sabre et allait l'en frapper sur la nuque Il eut juste le temps de s'élancer et de s'enfuir de l'autre côté un autre jour Ammamellen marcha jusqu'à une vallée et, avec des pattes d'animaux morts, il y fit des traces de chamelles, de chèvres de brebis et d'ânes Il y mit aussi trois vieux chameaux l'un borgne l'autre galeux et le troisième ayant la queue coupée Il rentra chez lui et, le lendemain il proposa à Élias, en échange de sa tranquillité « Va visiter cette vallée au loin, tu nous diras ce qu'il s'y trouve.

» Élias se rendit dans la vallée et, lorsqu'il fut de retour Ammamellen lui demanda « Eh bien, as-tu visité cette vallée ? » Oui, répondit Élias je l'ai visitée Et que s'y trouve-t-il ? Le pays te plaît-il, oui ou non ? il me plaît seulement il y a des traces d'animaux morts et trois vieux chameaux dont l'un est borgne l'autre galeux et le troisième a la queue coupée Comment distingues-tu la trace d'un animal vivant d'un animal mort ? La trace d'un animal vivant revient sur elle-même tandis que celle d'un animal mort ne revient pas À quoi reconnais-tu qu'un vieux chameau est borgne ou qu'il a ses deux yeux ? Le chameau borgne mange toujours les arbres du côté de son bon œil et le chameau galeux ? On reconnaît un chameau galeux parce qu'il se gratte à tous les arbres qu'il rencontre Et qu'est-ce qui te fait distinguer un chameau dont la queue est coupée de celui qui a sa queue ? Lorsqu'un chameau qui n'a pas de queue vient à fienter les crottes restent en tas tandis que celui qui a sa queue s'en sert pour les disperser Quelque temps plus tard, Ammamellenn, qui ne s'avouait pas vaincu alla dans un certain endroit et ramassa beaucoup d'herbes dont il fit plusieurs tas Il revint et dit à Élias Demain tu iras à tel endroit et tu rapporteras l'herbe que j'y ai mise en tas Le lendemain Ammamellen prit les devants et se blottit dans un tas d'herbe attendant Élias pour le tuer Celui-ci vint et rassembla toute l'herbe excepté un tas dont il ne voulut pas s'approcher Ses compagnons l'interrogèrent Tu as rassemblé tous les tas d'herbe s tas d'herbe, pourquoi laisses-tu celui-là ? Celui-là respire, dit Élias les autres ne respirent pas En entendant cela Ammamellen se leva précipitamment, saisit son javelot et le lança contre Élias qu'il manqua Il s'écria alors « Va, je m'incline devant toi, fils de ma sœur, que ma sœur a enfanté et qu'elle a fait enfanter à sa servante.

» Et, depuis ce jour Élias peut vivre près de sa mère en toute tranquillité.

Tout Au Fond Du Jardin

— Quelle belle demeure ! s’exclama la mère de Lizzie alors qu’elle garait la voiture dans l’allée, à côté du camion de déménagement loué par son père.

Lizzie regarda la bâtisse qui lui faisait face et soupira. Sa nouvelle maison faisait plus peur qu’autre chose avec ses grands volets de bois décrépi, son toit aux ardoises manquantes et son immense jardin plongé dans le noir de la nuit. A vrai dire, Lizzie aurait sûrement refusé de passer l’entrée si elle n’avait pas aperçu la silhouette de son père, éclairée par la chaleureuse lumière du hall d’entrée, lui faisant de larges signes de la main depuis le seuil de la maison.

Lizzie attrapa son sac à dos et descendit de la voiture. Les gravillons de l’allée envahie par les mauvaises herbes roulaient sous ses pieds tandis qu’elle s’approchait du perron.

— Alors, ma puce, qu’est-ce que tu en penses ? demanda le père de Lizzie après qu’elle l’eut embrassé sur les deux joues.

Devant la petite moue de sa fille, le grand homme lui ébouriffa les cheveux et rit.

— Les travaux ne sont pas encore finis mais tu verras, on va se plaire ici ! Je suis passé devant ta nouvelle école en arrivant et je suis sûr que tu vas t’y faire plein d’amis. Je te montre ta chambre ?

Lizzie acquiesça. Elle espérait que sa chambre serait moins sinistre que le reste de la maison.

Après avoir monté les escaliers de bois aux marches grinçantes, elle suivit son père dans un long couloir jusqu’à la porte du fond. C’était sa chambre. Elle était grande, haute de plafond mais quasiment vide. Seuls un matelas et sa commode y avaient trouvé leur place.

Son père lui assura que toutes ses affaires arriveraient le lendemain.

Lizzie déposa son sac à terre et regarda un instant sa chambre sans émettre de commentaire. Elle se retourna ensuite pour prendre la main de son père, chaude et rassurante.

— On va manger ? demanda-t-elle.

Pour toute réponse, son père sourit et l’entraîna vers la cuisine.

Le repas se déroula dans un silence quasi complet : Lizzie songeait à sa nouvelle vie et ses parents semblaient fatigués par la longue journée de déménagement. Son père débarrassa rapidement la table tout en expliquant à sa fille que sa mère et lui repartiraient tôt le lendemain avec le camion, pour aller chercher le reste de leurs affaires.

Lizzie acquiesça doucement, embrassa ses parents qui lui souhaitèrent bonne nuit et s’éclipsa.

De retour dans sa chambre, la petite fille sortit rapidement ses affaires de son sac et se prépara à dormir. Il était tard et elle tenait à explorer la maison tôt le lendemain matin.

Elle jeta un œil par la grande fenêtre dont les volets étaient restés ouverts. Le fond de la propriété se confondait avec la nuit tant elle était étendue. Il semblait à Lizzie qu’une des buttes que formait le jardin en friche bougeait, comme si elle grandissait puis rapetissait, avant de grandir de nouveau.

Lizzie secoua la tête. Ce qu’elle avait vu était sûrement dû au brouillard qui se levait. Son pyjama enfilé, elle se glissa entre les draps et s’endormit dès qu’elle posa la tête sur son oreiller.

C’est le froid qui réveilla Lizzie le lendemain matin, bien qu’elle se soit enroulée dans sa couverture durant la nuit. Le soleil était tout juste levé mais donnait une toute autre vision du domaine.

Le jardin scintillait de la rosée du matin et les grandes fenêtres, si sinistres de nuit, inondaient de clarté l’ensemble de la maison. Toute la demeure semblait métamorphosée par la lumière du jour.

Lizzie comprenait à présent pourquoi ses parents étaient tombés amoureux de cette vieille bâtisse.
Elle remarqua alors quelque chose en regardant le fond du jardin, comme elle l’avait fait avant de se coucher. Ce qu’elle avait vu bouger n’était définitivement pas une butte de terre comme les autres : C’était comme si elle scintillait et semblait même onduler !

Décidée à découvrir ce qu’il se passait sur son nouveau terrain de jeux, elle s’habilla puis descendit prendre son petit-déjeuner. Ses parents, avant de repartir chercher les dernières affaires, lui avaient laissé un mot sur la table de la cuisine.

Ma chérie,

Nous sommes partis très tôt ce matin avec le camion et avons préféré ne pas te réveiller. J’ai laissé tout ce qu’il te faut sur la table pour ton petit-déjeuner. Des sandwichs sont prêts dans le frigo pour ce midi.
Tu peux visiter la maison et le jardin mais ne monte pas dans le grenier, l’escalier est dangereux.
Nous ne savons pas encore quand nous rentrerons, mais nous serons là pour le dîner !
Passe une bonne journée !

Bisous, Maman

PS : J’ai mon téléphone portable avec moi, Papa a branché le téléphone fixe dans l’entrée. N’hésite pas à m’appeler s’il y a le moindre souci ! (J’ai laissé mon numéro à côté du combiné)

— Chouette ! s’exclama Lizzie, j’ai la maison pour moi toute seule !

Puis elle engloutit avec plaisir une tasse de chocolat chaud sortie tout droit du micro-ondes, un jus d’orange et des tartines au beurre et à la confiture.

Immédiatement après, Lizzie se précipita dehors pour explorer le jardin. Il faisait beau et chaud en cette fin de mois d’août.
Le jardin semblait encore plus grand que lorsqu’elle le regardait depuis la fenêtre de sa chambre. L’herbe était très haute, les arbres touffus et des buissons sauvages avaient poussé un peu partout.

Lizzie mit quelque temps à arriver au fond du jardin. Après avoir gravi une dernière butte de terre, elle s’arrêta net. Un incroyable animal était couché là !

Il avait quatre pattes griffues, une longue queue pointue et de larges ailes qu’il avait rabattues sur son dos. Sa peau était recouverte d’écailles rousses et, de part et d’autre de sa tête, poussaient deux cornes blanches. Son museau était large et encadré de grosses moustaches ondulantes. Enfin, ses immenses yeux noirs aux reflets bleus donnaient l’impression que la bête était aussi sage que puissante.

Ses contours paraissaient flous, comme s’il n’était pas vraiment là. Une énorme chaîne en acier emprisonnait ses pattes, ses ailes et son cou, l’empêchant de bouger.

L’animal regardait Lizzie avec une curiosité mêlée d’espoir, tandis qu’elle le détaillait des yeux, bouche bée.
Elle était plongée dans ses pensées lorsqu’une voix s’éleva.

— Bonjour, petite. Cela fait longtemps que je t’attends, passant mon temps à regarder la lune et le soleil se succéder indéfiniment. Mais le jour de ma délivrance est enfin arrivé. Tu es là pour cela, n’est-ce pas ? Pour me libérer de ces chaînes qui m’empêchent de retourner dans mon propre monde ?
— Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivé ici ? demanda Lizzie, intriguée.
— Je suis le Dragon, petite. Le Dragon de Lysandrûl. J’ai été enchaîné ici par un humain voici des années. Je n’ai pu préserver qu’à moitié mon corps de la mort en l’envoyant dans mon monde. C’est pour cela que je t’apparais transparent. Une partie de moi survit en Lysandrûl grâce à mes pouvoirs, mais je ne suis pas assez puissant pour me défaire seul de ces chaînes ensorcelées. Peux-tu m’aider ?
— Mais je ne suis pas assez forte pour casser ces chaînes. Mon père, lui, le pourra. Ce soir, quand il reviendra, il vous délivrera et vous pourrez rentrer chez vous !
— Ton père ne pourra rien pour moi, il ne peut pas me voir. Seuls les enfants peuvent me voir, car ils sont les seuls à croire réellement en l’existence des êtres des autres mondes. Il est important de croire aux contes de fées, souviens-t’en !
— Oui, monsieur le Dragon, acquiesça Lizzie sagement.
— C’est bien. L’homme qui m’a emprisonné ici a autrefois vécu dans cette maison qui est maintenant la tienne. La clé qui ouvre le cadenas doit s’y trouver.
— Mais la maison est si grande ! Comment vais-je faire ?
— Il s’agit d’une clé ancienne et argentée, assez grande et décorée de motifs. Elle est peut-être rouillée ou restée aussi belle qu’à son premier jour… On ne sait jamais avec la magie. Je ne peux pas t’aider davantage car je suis bloqué ici. Bonne chance, petite, je compte sur toi pour la retrouver !

Lizzie hocha gravement la tête mais n’ajouta pas un mot. Elle courut vers la maison sans un regard en arrière. Une journée ne lui serait pas de trop pour fouiller sa nouvelle demeure avant le retour de ses parents.

Arrivée devant la porte d’entrée, elle décida de commencer par le rez-de-chaussée. Tous les tiroirs de la grande cuisine furent retournés, les placards vidés, mais la fillette ne trouva rien de plus qu’une toute petite clé rouillée qu’elle reposa avec dépit à côté d’une pelote de ficelle.

Elle ne trouva rien d’intéressant non plus dans le secrétaire du couloir ni dans l’armoire de la salle à manger. Il ne restait qu’une vieille commode dans le petit salon, mais seuls quelques petits moutons de poussière subsistaient dans ses huit tiroirs.

Le couloir du premier étage était désespérément vide. Seules quelques traces plus sombres sur la tapisserie permettaient de penser que des meubles avaient été posés là, empêchant le soleil de décolorer les murs. Lizzie espérait que ces meubles disparus ne contenaient pas la fameuse clé, ou alors, il serait très difficile de la retrouver.

Les six chambres étaient toutes vides, sauf la sienne et celle de ses parents, mais leurs meubles venaient exclusivement de leur ancienne maison.

Les trois salles de bain, avec leurs nombreux rangements, furent plus longues à fouiller. Mais elle en sortit bredouille, l’estomac criant famine. Elle redescendit pour prendre une pause et manger les délicieux sandwichs préparés par sa mère. Elle espérait que ses parents ne seraient pas de retour bientôt, car il lui restait le grenier à passer au peigne fin, la pièce que sa mère lui avait interdit de pénétrer. Mais tant pis, il fallait coûte que coûte délivrer le dragon de Lysandrûl ! Le grenier était la plus grande pièce car elle s’étendait sous les combles, sur toute la longueur de la maison.

C’est avec un peu d’appréhension que Lizzie monta les marches du petit escalier en bois. Elles étaient étroites, très hautes et il n’y avait pas de rambarde à laquelle se rattraper si elle trébuchait. La fillette espérait que ses parents ne remarqueraient pas les traces de ses pas dans la couche de poussière. Il faisait très sombre sous le toit, les rares fenêtres étant condamnées par des panneaux de bois. Heureusement, il y avait de l’électricité et une ampoule poussiéreuse s’alluma lorsqu’elle actionna l’interrupteur. Mais lorsque Lizzie put voir tout ce qui était entreposé là, elle poussa un long soupir de découragement. Chercher une clé dans tout ce bric-à-brac, c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin !
Prenant son courage à deux mains, elle commença à tout retourner dans la pièce. Il y avait de tout, des vêtements par piles entières dont elle fouilla chaque poche, des caisses de vaisselle dont elle souleva tous les couvercles, des cartons de jouets qui étaient pour certains en très bon état et qu’elle décida de descendre dans sa chambre et d’autres au moins aussi vieux que ses grands-parents ! Les précédents propriétaires avaient accumulé beaucoup de choses au fil des années et avaient tout laissé en partant.

Couverte de poussière, Lizzie dut malheureusement se rendre à l’évidence à la fin de la journée. La clé n’était pas dans la maison. Alors qu’elle descendait pour fouiller le jardin où elle avait aperçu un petit cabanon le matin même, elle entendit un camion klaxonner. Ses parents étaient rentrés !

Elle essuya rapidement ses vêtements pour enlever le gros de la poussière et se précipita vers le rez-de-chaussée. Elle arriva dans le hall d’entrée au moment où son père ouvrait la porte.

Lizzie allait se jeter dans ses bras lorsqu’elle aperçut le trousseau de clés dans la main de son père. Outre la clé de l’entrée et sa clé de voiture, une imposante clé argentée brillait entre ses doigts !

— Où as-tu trouvé cette clé, Papa ?
— Bonjour à toi aussi ma chérie, j’espère que tu as passé une bonne journée ! Cette clé était sur le trousseau que l’on m’a donné lors de la vente de la maison. Je ne sais pas ce qu’elle ouvre mais elle est jolie, n’est-ce pas ?
— Oui Papa, très jolie ! Tu peux me la donner, s’il te plaît ? J’en ai besoin ! demanda Lizzie d’un ton pressant.
Son père la regarda d’un air interrogateur puis, devant l’impatience de sa fille, détacha la clé du trousseau et la lui donna.
— Merci ! lança Lizzie en courant vers l’extérieur.
— Attends Lizzie, ne va pas dans le jardin, il va bientôt faire nuit, tu risques de te perdre !
Mais Lizzie était déjà loin. Elle entendait ses parents l’appeler depuis la maison mais elle courait vers le Dragon comme si sa vie en dépendait. En la voyant arriver ainsi, le Dragon se redressa.
— L’as-tu trouvée, petite ?
— Oui ! J’ai fouillé toute la maison, mais elle était sur le trousseau de clés de mon père ! C’est bien celle-ci ? demanda-t-elle en brandissant la clé.
Le Dragon, les yeux brillants, ne put qu’acquiescer.
— Recule-toi, fillette, je vais revenir totalement dans ce monde pour pouvoir détruire le sortilège lié aux chaînes.

Le Dragon, dont les contours devenaient de plus en plus nets, grossissait à vue d’œil. Ses écailles étaient maintenant d’un rouge profond et ses cornes d’un blanc éclatant.

Lizzie s’approcha du Dragon avec une pointe d’appréhension. Il baissa sa large tête pour lui permettre d’ouvrir le cadenas situé à la base de son cou. La clé tourna toute seule quand Lizzie la mit dans la serrure. Le souffle chaud du Dragon sur sa nuque avait quelque chose de rassurant mais Lizzie s’éloigna de nouveau. Les chaînes brillaient intensément alors que le Dragon se redressait. Il cracha un long jet de flammes vers le ciel et déploya soudainement ses deux grandes ailes. Les chaînes avaient disparu !

Le Dragon se redressa totalement, majestueux. Puis approcha son museau de Lizzie.
— Merci, petite. Je dois retourner en Lysandrûl à présent. Tu m’as sauvé la vie. J’ai une dette envers toi. Si un jour tu as besoin de mon aide, appelle-moi, je reviendrais.
— Je m’appelle Lizzie. Au revoir, monsieur le Dragon.
— Au revoir, Lizzie.
Le Dragon scintilla un instant et disparut soudainement. Aux pieds de Lizzie, une écaille ovale, d’un rouge profond, brillait entre les brins d’herbe. Elle sourit.


Illustration de Pablo Vasquez
Histoire Pour Dormir de Léa Gerst
via short-edition

Sandy Et L’avion Rouge

J’adore mon école. Elle est au bout, tout au bout d’un chemin de pierres, là-haut dans les Blue Mountains, les Montagnes Bleues. Dans le dernier virage, à droite, une cascade chante jour et nuit dans un merveilleux berceau de verdure.

L’eau tombe dans les bassins de pierre et forme des sortes de piscines. Les colibris (nous, on dit hummingbirds) passent en un éclair. Leurs battements d’ailes sont si rapides qu’on les voit à peine puiser le nectar des fleurs avec leur bec long et fin. Juste après la cascade, se cachent les ruches dont les abeilles nous donnent du miel délicieux.

Notre école est un grand bâtiment tout simple, à un étage avec une coursive. Toutes les salles de classe donnent sur ce couloir en plein air d’où l’on aperçoit au loin la baie bleue, aussi bleue que l’azur… Au rez-de-chaussée, il y a le bureau de Madame Pearl, la directrice, la salle des professeurs, la cuisine et la cantine. Carolyn nous prépare chaque jour du riz aux pois, rice and peas, c’est un peu notre plat national. On peut en avoir autant qu’on veut. Certains d’entre nous n’hésitent pas à demander une deuxième et même une troisième assiette : c’est leur seul repas de la journée. Sauf à la saison des mangues bien sûr. Il y en a en abondance et on en dévore goulûment plusieurs d’affilée, en laissant le jus couler entre les doigts…

Notre école, c’est le paradis, comme dit le Père Sam qui vient tous les mardis animer notre french club, un cours pas tout à fait comme les autres. Il n’est pas obligatoire. On y apprend une langue étrangère, le français, qui nous servira, plus tard, pour voyager autour du monde. Le Père Sam nous parle de la France, de Paris, de la Tour Eiffel. Il nous a apporté des posters et nous apprend à chanter « Frère Jacques ». Quand je serai pilote, j’irai en France en quelques heures et je rapporterai du parfum pour Mom.

Enfin, c’était le paradis. Et il s’en est fallu de peu que tout cela soit anéanti en quelques heures !

Sandy a failli nous en chasser pour toujours. Sandy n’est pas un bandit comme il y en a à Kingston ou à Spanish Town, dans la plaine de notre île, la Jamaïque. Ni un sorcier comme dans les histoires que raconte ma grand-mère. Sandy, c’est le nom de l’ouragan qui nous est tombé dessus en septembre, l’année dernière.

Je n’ai que six ans mais je m’en souviendrai toute ma vie. La veille, à la cantine, Madame Pearl nous avait demandé de rester à la maison le lendemain. Il ne fallait pas prendre le risque de monter à l’école. Un ouragan était annoncé. Il s’appelait Sandy et risquait de faire beaucoup de dégâts. Il fallait se barricader chez soi, bien fermer les portes et les fenêtres avec des cartons, du bois, des tôles, tout ce qu’on pouvait trouver pour empêcher le vent de s’engouffrer. Et puis attendre.

C’est drôle l’ouragan. D’abord tout est silencieux. Les bêtes, les gens, la nature, tout semble retenir son souffle en attendant le grand coup de vent. On est tous terrés dans nos maisons. Chez nous, on est six : Mom, mes deux grandes sœurs Liz et Steffie, mon frère George, le plus petit – il a quatre ans – moi, Devon, et Grand-Mère. Il n’y a que deux pièces, plus la chambre de Grand-Mère où nous dormons, les deux garçons et elle. Les murs ne sont pas très solides et quand il y a un ouragan, on s’en rend compte, croyez-moi !

Par précaution, j’avais caché nos trésors sous le lit : l’ours de George et mon bel avion rouge – un cadeau du Père Sam qui sait que je veux être pilote –. Tu ne détruiras pas mon avion, Sandy !

On attendait, réunis dans la pièce commune. Et soudain, il arrive ! On entend le vent courir, bondir, voler. Je regarde par une fente de la porte. L’énorme souffle file droit devant lui et emporte tout sur sa route. Crac, les bananiers sont brisés net en trois secondes. Les palmiers résistent mieux ; ils se courbent mais ne cassent pas. Toutes sortes d’objets passent en volant dans tous les sens : des meubles, des bassines, des vêtements ; par la fente j’aperçois le toit de la maison des voisins qui se soulève.

Mom me tire vers l’intérieur de la pièce. Je me blottis contre elle. Grand-Mère agite les lèvres et récite tout bas une prière en patois. Elle m’a raconté l’ouragan Gilbert au siècle dernier. Sa maison avait été complètement détruite. Elle-même avait été sauvée par miracle. Elle s’était réfugiée sous une table qui n’avait pas été emportée par le vent et qui lui avait fait comme une petite caverne au milieu des débris de sa maison, où elle pouvait être protégée et respirer.

Je pense à mon avion et à l’ours de George. Vite, je me glisse dans la chambre et les récupère sous le lit. George est rassuré. Il serre son nounours et moi mon avion rouge. Un avion ça pourrait être tenté par l’aventure : voler dans le grand vent de l’ouragan. Je lui explique tout bas qu’il ne doit pas me quitter. Il est encore un bébé avion. Il doit attendre que je sois pilote.

Quand la pluie a commencé à battre sur le toit, le vent violent est retombé. L’affreux Sandy est parti plus au nord, vers Cuba, New York… Le calme est revenu. On respire.

Le lendemain, nous étions affairés à tout réparer. Madame Pearl est passée pour nous donner la mauvaise nouvelle : le toit de notre belle école n’avait pas résisté. Les salles de classe étaient inondées. Notre french club aussi : l’ignoble Sandy avait emporté tous les posters. La Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe. Tous nos rêves.

Alors, dès que nous avons fini de réparer les dégâts chez nous, nous sommes tous montés à l’école. Les adultes se sont mis au travail. Et nous aussi. Le Père Sam a été formidable : il a aidé Madame Pearl à demander des sous pour que l’école soit reconstruite encore plus belle qu’avant.

Mon avion rouge a désormais un petit hangar au french club. Il faut qu’il apprenne le français lui aussi pour qu’on aille ensemble, à Paris, chercher du parfum pour Mom.

Histoire Pour Dormir
Histoire Pour Dormir

Illustration de Miia Illustratrice
Histoire Pour Dormir de Jeanne Mazabraud
Via short-edition

Pour une poignée de mangues

Histoire Pour Dormir | Ce matin au breakfast on a eu des mangues. Dorées, juteuses, un peu poivrées. Elles sont délicieuses. On en a eu aussi hier soir pour le dîner et pareil les jours d’avant. À la saison des mangues, on ne mange que ça.

Mommy dit que c’est bon pour la santé et pour son porte-monnaie : il suffit de les cueillir au bord des routes. À l’école, de toute façon, on a droit au lunch : riz, pois et sauce et parfois du poulet. C’est suffisant. Tant que j’irai à l’école, pas de problème.

« Maxine, me dit souvent Mommy, de plus en plus souvent depuis que je vais sur mes dix ans, l’école ce sera bientôt fini. Tu devras m’aider à nourrir la famille. » Nous sommes quatre, deux garçons, deux filles. De pères différents, que nous n’avons jamais vus, ni les uns ni les autres. La plupart des familles de Tivoli Gardens sont dans le même cas.

Mon Daddy, il paraît qu’il vit à New York, Jamaica avenue. Un jour je partirai là-bas pour le retrouver. Tous les Jamaïcains se connaissent. La communauté m’aidera. J’aurai un smartphone et des écouteurs. Et j’irai au collège. Je deviendrai célèbre, comme Usain Bolt et Shelly-Ann Fraser.

Les mères – la mienne s’appelle Georgia – se débrouillent pour faire bouillir la marmite. On a un crédit à la Staline Grocery, sur la place où le Don a aussi ses « bureaux ». Nous les filles, nous évitons de passer près de ce bâtiment. Interdit par les mères. Les bodyguards du Don qui sont armés nous surveillent de loin quand nous longeons les murs jaunâtres. « Hey babe psst psst com’on », sifflent-ils en lorgnant nos petites tresses, nos jambes nues, nos petits seins qui poussent trop vite. Mommy m’a prévenue : le Don est un méchant ogre qui ne fera qu’une bouchée de notre jeunesse. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire. Ma copine Tessa non plus, ni ma petite sœur Karlene, mais ce qu’on sait c’est que le Don est le boss de toute la garrison – c’est le nom qu’on donne à notre quartier et à tous les autres du même genre en Jamaïque, des baraques de taule ondulée et de bois qui s’entassent le long de chemins étroits, gorgés de boue à la saison des pluies. Le Don, qui obéit aux chefs du Parti, doit faire rentrer le cash pour eux, il organise la vie de la communauté, distribue le « travail » aux gars et aux filles : faire le guet, passer la ganja et le reste, danser sur les dancefloors – et le reste aussi, dit Mommy avec amertume. Mais ça, c’est quand nous serons grandes. Bientôt. « Too quickly » dit Mommy avec ses yeux tristes et durs quand j’essaie de comprimer mon corps dans une tunique trop étroite.

Aujourd’hui en allant chez Staline j’ai remarqué une grande agitation. Les bodyguards sont nombreux et très nerveux. Un hélicoptère blanc fait des tours au-dessus de la garrison. « Grouillez les filles, rentrez chez vous », nous dit Staline. « Et repérez les souterrains », souffle-t-il mystérieux. Les souterrains ? Comme tout le monde j’en ai entendu parler. Ils conduiraient jusqu’au port, en passant sous les routes et les bâtiments. Et même sous la prison qui n’est pas loin d’ici. Une ville sous les taudis.

Mommy nous attend, inquiète, impatiente. Elle nous ordonne à chacun de mettre tout ce qu’on peut, tout ce qu’on a dans un sac. Je dois aider Karlene et ne pas lâcher sa petite main brune qui, de toute façon, s’agrippe à moi. On entend l’hélico tout proche. Et d’autres bruits éclatent : soudain ça tire dans tous les coins. Cavalcades. Hurlements. Terreur. Les garçons se serrent contre les jambes de Mommy. Karlène pleure à gros sanglots. « Silence, silence » ordonne – implore – Mommy. « Don’t move ». On les sent passer dans la ruelle. Ils filent vers le fond de Tivoli là où habitent Tessa et sa mère. Coups de brutes. Tirs effrénés. Nous tremblons comme des palmiers dans l’ouragan.

L’hélico tourne, tourne. Puis silence. Mommy nous lâche, sort. La pétarade de la kalach’. Mommy, Mommy, non !

Une flaque sombre s’infiltre. Je n’ai pas le temps de retenir les petits. Ils sont déjà sur le seuil. Trop tard. Nouveaux tirs…

Karlene et moi terrées sous la table. La course s’éloigne. Ne pas pleurer. Ne pas hurler. Au fond de la cabane un trou dans la taule, celui que Mommy voulait reboucher sans jamais l’avoir fait ; on se faufile, serrant le sac. Des flammes, un brouillard âcre, des cris et une agitation désordonnée. Où aller ? Inattendu George, notre voisin, se plante devant nous. « Quick, com’on girls ». Il me tire brutalement, je traîne Karlene.

Il fait noir, humide, chaud. Nous sommes sous terre. Le souterrain ? Tivoli Gardens underground, ce n’était donc pas une blague ? Il faut suivre George qui nous chuchote des encouragements (« Yes, good girls, don’t worry ! Hurry up ! »). Nous croisons des ombres. J’essaie de ne pas penser à Mommy abandonnée sur le seuil avec les garçons. J’essaie de tenir bon, la petite main de Karlene dans la mienne. On bute dans les trous, ça pue, mais au bout c’est la liberté. Enfin c’est George qui le dit et je VEUX le croire. Il le FAUT.

Un goût de sel. Le vent de la Baie de Kingston ! Le bleu du ciel et de la mer des Caraïbes. Le grand George nous hisse hors du trou, nous plonge dans l’agitation du port. Des hommes courent en tous sens, se hèlent, crient et, oui, rient. L’un d’eux s’arrête, nous jette deux mangues dans les mains. « Vous aurez des provisions pour la traversée », sourit George encourageant, une poignée de mangues du pays.

Et soudain, sans avoir le temps de penser, ni même de respirer, nous voici sur le pont du cargo. Les sirènes s’enclenchent, les moteurs s’ébranlent. Au loin une fumée noire survolée par un hélicoptère signale Tivoli Gardens. Nous abandonnons tout. Mommy. Notre enfance. Staline et son épicerie.

À nous l’Amérique ?

La Rentrée

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Thomas a mis ses jolis souliers neufs. Normal, c’est la rentrée !

Un peu plus tôt, lorsque le réveil a sonné, Thomas s’est levé d’un bond.

Il faut dire que cela faisait déjà une bonne heure qu’il regardait, comme hypnotisé, les chiffres de son radio-réveil défiler, minute après minute, en se demandant si une faille spatio-temporelle allait l’engloutir pour l’emmener dans un autre monde.

Thomas a peur. Juste un peu. Mais la pétoche quand même.

À chaque rentrée, c’est la même chose. Le trac, la trouille l’étreignent et lui triturent les tripes ! Oui, il en a mal au ventre !

Thomas se regarde dans le miroir, remet une dernière fois de l’ordre dans ses cheveux et attrape son cartable. Il sourit. Un sourire forcé.

— Allez, Thomas, secoue-toi, ça va bien se passer ! se sermonne-t-il.

Sur le chemin de l’école, la tension monte.

Emma sera-t-elle toujours aussi chipie et Anthony aussi bagarreur ?

Y aura-t-il encore de cet infâme gratin de chou-fleur qui sent des pieds à la cantine ?

Va-t-il réussir à trouver sa place dans cette immense cité scolaire ?

Le directeur sera-t-il aussi dur que dans son ancienne école ?

Et les punitions ! Ah la la ! Il va falloir faire attention !

Mais c’est déjà l’heure de se mettre en rang. Par deux. En silence.

Lorsque Thomas prend la parole, tout le monde est assis. C’est parti !

— Bonjour, je m’appelle Thomas et je suis votre nouveau maître cette année !


Histoire Pour Dormir de Céline Santran
Illustration de Pablo Vasquez
Via short-edition.com

Petite Histoire Pour Dormir 10

Adelin est très occupé

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Adelin, le lutin, a travaillé toute la nuit pour colorer les tulipes qui viennent de s’épanouir au jardin. Les nuages cachant la pleine lune, ses amies les lucioles sont venues l’aider. Adelin a donc pu peindre les jolies fleurs à la lumière magique de leurs lanternes phosphorescentes. Le jour se lève, et le lutin est fatigué.

– Je vais te tisser un hamac ! propose Renée, l’araignée. Tu pourras t’y reposer toute la journée…

Voyant une hésitation dans les yeux du lutin, elle ajoute :

– Ne crains rien de moi, je ne mange que des mouches et des moustiques… Repose-toi Adelin, car d’autres fleurs verront bientôt le jour.

Amusement collant

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Ginette aime jouer avec les autocollants. Aujourd’hui, elle a fait un dessin de formes et de couleurs différentes.

Elle a utilisé des triangles bleus pour faire une mer agitée et quelques triangles blancs pour les bateaux. Elle a collé des carrés jaunes pour la plage et quelques ronds blancs pour les coquillages. Elle a encore ajouté des ronds blancs pour les nuages floconneux… pas trop de nuages quand même !

– … Et maintenant un joli soleil jaune et rond ! dit-elle, et c’est terminé.

– Et les étoiles ? demande son petit frère Pierre qui la regarde.

– Mais que tu es sot ! Il n’y a pas d’étoiles pendant la journée, répond-elle.

– Alors, que font toutes ces étoiles dans tes cheveux ? demande Pierre.

Ginette se regarde dans la glace.

Oh là là ! Ses cheveux sont pleins d’autocollants d’étoiles !

Balai vole !

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Germaine la sorcière a rendez-vous avec son amie Henriette. Elle va chercher son balai volant dans le placard. Au moment de monter dessus :

– Zut ! J’ai oublié la formule magique pour le faire démarrer ! Corbeau déplumé !

Chauve-souris riquiqui ? Araignée moisie ?

Punaise écrasée ?

Aucun de ces mots de passe ne fait s’envoler son balai.

– J’ai la mémoire aussi trouée qu’un morceau de gruyère grignoté par des rats affamés.

Tant pis, puisque je te tiens, je vais faire un peu de ménage !

Vraouch ! Germaine est emportée dans les airs. Ménage ! Voilà le mot magique qui fait s’enfuir les balais volants. Et laisse les maisons des sorcières envahies par la poussière !

Bon appétit !

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Gabin va au zoo. Sa maman lui a dit qu’il n’a pas le droit de nourrir les animaux, mais il ne veut pas écouter. Dans son sac à dos, il glisse une tranche de jambon pour les lions et des graines de tournesol pour les autruches. Devant la cage des lions, il sort ses provisions. Un gardien arrive :

– Tu n’as pas le droit de nourrir les animaux !

– C’est mon goûter, ment Gabin, espérant que le gardien va vite s’en aller. Le gardien est rusé, il suit Gabin tout l’après-midi. Alors Gabin doit tout manger, le jambon et les graines !

– C’est bon, mon petit poussin ? se moque sa maman.

Gabin pense que la prochaine fois il emportera du chocolat.

Et sûrement pas pour en donner aux koalas !

Distraction

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Paulette n’a pas très bien dormi. Elle déjeune en silence, fait sa toilette, s’habille et part pour l’école en compagnie de ses deux frères. Dès son arrivée dans la cour de récréation, ses amis la regardent en souriant, se parlent à l’oreille puis rient franchement.

« Que se passe-t-il ? » se demande notre amie. Je n’ai pourtant rien oublié : ma chemise, mon bermuda, mes baskets, mes chaussettes…

Mes chaussettes ! Une jaune et une bleue !!!

Paulette rougit, mais il est trop tard pour retourner à la maison : la cloche sonne, et les enfants forment les rangs.

La journée sera longue pour la pauvre Paulette. Elle ne l’oubliera pas de si tôt.

Grand-mère a raison

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Cacao, le koala, se rend chez sa grand-mère.

Il la trouve en train d’achever un tricot.

– Que fais-tu, mamie ?

– Une écharpe, mon chéri !

– Elle est beaucoup trop longue, voyons !

– Viens avec moi et tu comprendras…

Gertrude, l’autruche, est assise à l’ombre d’un acacia géant.

– Elle a une angine ! explique mamie.

– D’accord ! répond Cacao. Il faut une longue écharpe de laine pour protéger son long cou.

– Et mâcher quelques feuilles d’eucalyptus pour tuer les microbes ! ajoute sa grand-mère en présentant son remède à la pauvre Gertrude bien mal en point.

Jour de repos à la ferme

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Dans la ferme de Ferdinand vivent de nombreux animaux. Les vaches donnent du lait, le cheval tire la carriole et les poules pondent des œufs. Un matin, cependant, les animaux refusent de se lever et restent couchés.

– On en a assez de travailler !

– On veut se reposer !

Ferdinand est catastrophé, il ne pourra pas aller vendre au marché ! Le lendemain, heureusement, les animaux, bien reposés, reprennent leur travail.

Depuis lors, dans la ferme de Ferdinand, chaque dernier jour du mois est un jour de congé. Même Ferdinand se repose… et compte ses moutons pour s’endormir !

La grande aventure du ballon

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Un jour, un petit ballon rouge s’échappe de la vitrine d’un magasin. Il se lance dans une grande aventure. Il vole au-dessus de la cathédrale, esquivant la flèche aiguë puis survole le parc et descend regarder les canards. Ouf ! Il s’en tire de justesse.

Un garçon à vélo le manque de peu.

Il vole plus haut, là où on ne peut l’attraper.

Là-haut entre les nuages blancs et floconneux, la terre semble si petite. Il frissonne.

Il fait un peu froid. Il descend alors tout en quittant la ville. Oh ! Il évite un oiseau au bec pointu.

Mais… il se coince dans un arbre.

« Bon ! C’est la fin de mon aventure ! » pense-t-il.

– Quel joli ballon ! dit une petite fille.

Et elle le décroche de l’arbre.

– Ce sera parfait pour mon anniversaire !

La grande lessive

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Comme chaque année dans la forêt, Philibert le raton laveur est chargé de la grande lessive de printemps. Et il y a fort à faire avec les caleçons des sangliers, les chaussettes des écureuils et les couvertures des loirs. Philibert savonne, frotte, rince, tant et si bien qu’il est bientôt épuisé. Il veut se reposer un peu et son neveu vient l’aider. Pendant que son oncle fait la sieste, il verse toute la lessive dans l’eau.

Bientôt la rivière n’est plus qu’un amas de bulles ! Tiré de son sommeil par les cris des castors, Philibert se réveille et constate les dégâts ! C’est certain, le linge va être impeccable !

La taupe qui avait besoin de lunettes

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Annabelle la taupe était chargée de la distribution du courrier aux habitants de la forêt.

Malheureusement, elle se trompait souvent : ainsi, la coccinelle recevait les lettres de l’ours et l’écureuil celles du sanglier.

– Ça ne peut plus durer ! s’exclamèrent les animaux.

– J’ai la solution à notre problème, dit doucement le rusé renard.

Il alla chercher dans sa tanière une paire de lunettes qu’il avait un jour trouvée sur la mousse dans la forêt. Un randonneur l’avait probablement égarée. Le renard offrit les lunettes à la taupe qui put ainsi lire les adresses correctement. Et elle ne se trompa plus jamais de destinataire !

Le cambriolage

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Paul grimpe au sommet de la colline pour essayer sa nouvelle voiture à pédales.

Alors qu’il se lance dans la descente, il dévale à toute vitesse. Catastrophe !

Ses freins, soudain, ne fonctionnent plus. Paul file droit sur le village. Plus que quelques mètres et il va heurter de plein fouet la vitrine de la banque.

Paul ferme les yeux, il ne veut pas voir ça. BADABOUM !

La voiture percute Albert le brigand qui tombe par terre, un peu assommé. Son sac plein d’argent laisse échapper les billets qu’il vient de cambrioler à la banque.

Paul ouvre enfin les yeux… pour voir les policiers le féliciter !

Le château hanté

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Jack et ses sœurs se promènent à la fête foraine.

– Allons dans le château hanté ! propose Jack. Si les filles n’ont pas peur, bien sûr…

– Moi, je n’ai peur de rien ! réplique Lilou.

– Moi non plus ! ajoute Lola, les poings sur les hanches.

Le petit train démarre et emmène ses occupants dans un tunnel sombre, peuplé de fantômes, d’araignées, de vampires et autres monstres ricanant ou hurlant. Tout le monde pousse des cris de frayeur… sauf Lola.

Vous savez pourquoi ?

Lola a enfoncé son bonnet jusqu’à son menton et n’a rien vu de ce qui s’est passé dans le château hanté !

Le cochon qui ne voulait plus être rose

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Berlingot le cochon vit dans une ferme, comme tous les cochons.

Et comme tous les cochons, il est rose.

Mais les animaux se moquent souvent de lui :

– Tu es si rose, on dirait un bonbon !

– Et puis le rose, c’est pour les filles !

En pensant à son cousin José le sanglier, craint et respecté dans la forêt, Berlingot a une idée. Il s’approche des ruches et, sans se faire piquer, se recouvre de miel. Puis il se roule dans les poils de chevaux qui se collent partout.

Quand Berlingot sort enfin de l’écurie, plus personne ne se moque de lui, sa transformation en sanglier est réussie !

Le Père Noël a disparu

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Le jour de Noël, alors qu’ils viennent enfin de terminer l’emballage des cadeaux, les lutins sont affolés : le Père Noël a disparu ! Ils le cherchent partout, sous le lit, dans sa hotte et même derrière le traîneau. Pas de trace, pas un mot !

– Comment va-t-on distribuer les cadeaux sans lui ? se demandent-ils, inquiets. Les lutins n’entendent pas le Père Noël entrer alors dans l’atelier sur la pointe des pieds, un immense paquet dans les bras.

– JOYEUX NOËL ! crie-t-il en les faisant sursauter. Les lutins déballent leur surprise : une machine à faire les paquets cadeaux… qui servira l’année prochaine !

Le premier trésor de Ptipirate

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Ptipirate vient d’embarquer avec le capitaine Kruel qui lui a promis son premier trésor. Ptipirate est impatient !

Sur le pont, Kruel lui donne un balai-brosse et dit :

– Le trésor se trouve sous la saleté à bâbord du pont.

Ptipirate frotte le côté gauche du pont.

Mais rien sous la poussière !

Le capitaine dit :

– En fait, c’est à tribord que tu le trouveras.

Ptipirate astique la droite du pont.

Toujours aucun trésor !

Mais le pont brille de propreté. Kruel, satisfait, tend une pièce d’or à Ptipirate.

– Moussaillon, un trésor se gagne à la sueur de son front.

Ptipirate sait que le capitaine lui a fait une blague mais il croque la pièce et c’est une vraie.

Il est enfin un vrai pirate !

Le rêve

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Quand Oscar se couche ce soir-là, il sombre aussitôt dans un rêve très agréable. Au volant de sa voiture, il arrive dans un joli village. Après s’être garé sur la place, il remarque une boulangerie pleine de belles viennoiseries : des croissants, des petits pains, des brioches… Oscar pousse la porte de la boutique.

Driiing ! La sonnerie stridente du réveil retentit et tire Oscar de sa rêverie. En bougonnant, il se rend dans sa cuisine… où l’attendent de merveilleuses brioches et de délicieux croissants dorés.

– Bon anniversaire, mon chéri ! s’écrie sa femme en l’embrassant.

Oscar est finalement bien content de s’être réveillé !

Quel petit déjeuner… de rêve !

Les bouchons, c’est trop chouette !

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Sur la route des vacances, la voiture de Claire est coincée dans les bouchons. Claire trouve le temps très long. Soudain, dans la voiture d’à côté, un garçon lui fait signe de baisser sa vitre.

– Salut, je m’appelle Léonard ! Je viens de Lille.

– Moi, c’est Claire, je rentre à Marseille.

– Tu veux jouer aux devinettes ?

– Oui, c’est chouette !

Pendant de longues minutes, Claire et Léonard se posent des questions et rient. Mais les voitures redémarrent enfin.

– Oh non, on s’amusait trop bien ! s’écrie Léonard.

– J’espère qu’on se retrouvera au prochain bouchon ! lui répond Claire.

Les casques

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Dans une forêt lointaine, un groupe de lutins était au travail pour creuser des tunnels. Pang ! Pang ! Pang ! Le bruit des pelles et des pioches résonnait dans la galerie. Soudain, une pierre se détacha du plafond et heurta la tête d’un lutin.

– C’est trop dangereux, dit Lulu le lutin. Il nous faut des casques !

– Où en trouver ? demandèrent ses compagnons.

– Suivez-moi, j’ai une idée.

Aussitôt, les lutins remontèrent à la surface. Lulu ramassa des noisettes, les coupa en deux puis les vida. Les coquilles firent ainsi des casques parfaits. En plus, les lutins purent se régaler de noisettes !

Les peintres de génie

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Adelin est un lutin. Lui et ses frères et sœurs exercent un merveilleux métier : ils colorient les fleurs, les fruits et les légumes durant les nuits de pleine lune.

Comment font-ils ? Grâce aux arcs-en-ciel. Regardez…

Ils recueillent les couleurs dans de petits pots puis, à l’aide de pinceaux enchantés, ils se mettent au travail dès le printemps. Leur imagination est sans limites.

Voyez le résultat : une merveille pour les yeux !

Des petits pois verts, des jonquilles jaunes, des pommes rouges…

Les lutins sont des peintres de génie !

Les taches noires

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Lors d’une promenade, Max le petit chien blanc aperçoit une bande de chiots en train de s’amuser.

– Bonjour ! Je peux jouer avec vous ? demande-t-il en s’approchant. Le plus grand chiot lui répond sèchement :

– Pas question ! Tu ne vois pas que nous sommes tous des dalmatiens ?

Max est déçu mais ne se décourage pas. En voyant une grosse voiture approcher à toute vitesse, Max se poste au bord du trottoir. Splach ! En roulant dans une flaque de boue, la voiture l’éclabousse. Le beau pelage blanc de Max est tout tacheté ! Les dalmatiens acceptent enfin de jouer avec lui.

Pour le bain du soir, ce sera une autre histoire !

L’étoile de l’amour

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Lilian est amoureux de Sophie et de ses beaux cheveux blonds flottant dans le vent venu de la mer. Sophie lui demande toujours l’impossible mais Lilian ne le trouve jamais. Béa, l’amie de Lilian, est triste de le voir si malheureux. Car Béa est amoureuse de Lilian. Un jour, Sophie demande à Lilian de lui décrocher une étoile. Sans hésiter, Lilian plonge dans la mer et y trouve une belle étoile de mer.

Il la rapporte à Sophie qui se met à hurler de peur. Lilian est très déçu. Mais il voit les yeux de Béa briller devant l’étoile de mer. Pour la première fois, il remarque la beauté de son amie. Le bonheur l’envahit lorsqu’il offre l’étoile à Béa. En échange, Béa lui offre le plus beau des baisers.

L’évasion

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Il était une fois un petit poisson rouge qui s’appelait Bulle et qui en avait assez de son bocal. Il prit un jour une importante décision : il voulait cesser de tourner en rond. Il attendit un jour de grand ménage lorsqu’on posait son aquarium sur la fenêtre.

Soudain, un orage éclata et la pluie se mit à tomber si fort que l’eau monta, monta, et la rivière déborda. Bulle sauta de son bocal et nagea dans les rues inondées. La rivière enfin fut en vue, puis le fleuve et l’océan : le petit poisson prit le large, à lui la liberté tant espérée !

Ma sœur chanteuse

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Ma sœur chante tout le temps. Aujourd’hui encore, elle chante sous la douche !

– Oh ! Joli dentifrice, viens sur ma brosse à dents. Tu ne vas pas disparaître dans le lavabo, je ne suis pas pressée, chante-t-elle gaiement.

– Moi, oui. J’ai besoin de la salle de bain !

J’espère un peu de calme dans le bus, mais non.

– Tralalala, à l’école on va ! Dans le bus si beau, nous voilà ! continue-t-elle.

À l’école c’est le jour d’audition pour le théâtre. Et quelle surprise, ma sœur saute sur scène pour chanter une petite chanson.

– C’est un beau jour pour passer une audition, dit-elle.

Moi je me couvre le visage de honte.

– Quelle jolie voix ! s’exclame le professeur.

Tu peux être fier de ta sœur.

– Euh… oui. J’en ai assez de l’entendre chanter, mais au moins elle le fait bien !

Où sont ces souris ?

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Un soir, pendant le dîner, les enfants repèrent quelques souris. Ce n’est pas inhabituel parce qu’ils habitent dans une ferme. Chocolat, le chat de la ferme, est un très bon chasseur de souris. Mais il y en a bien toujours quelques-unes qui lui échappent. En général, les souris courent autour de la pièce, se cachent derrière le rideau et ressortent de l’autre côté.

Mais celles-ci courent même sur les murs…

Les enfants grimpent sur les chaises pour mieux les voir. Le chat monte sur les étagères, mais les souris sont bien trop rapides pour lui. Maman rentre et éclate de rire.

– Oh ! Comme vous êtes sots !

Ce ne sont pas des souris.

Ce sont juste quelques mouches qui volent sous l’abat-jour et font des ombres !

Pour faire peur aux ours…

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Alan regarde son grand-père faire la sieste dans son fauteuil. Il ronfle plus fort qu’une locomotive.

– Dis donc papi, tu en fais du bruit quand tu dors ! se moque Alan quand son grand-père se réveille.

Pourquoi ronfles-tu si fort ?

– Le ronflement est très utile, réplique le grand-père.

Il nous vient des hommes préhistoriques.

Quand ils dormaient dans des grottes, leur ronflement éloignait les bêtes sauvages.

Plus ils ronflaient fort, plus les bêtes auxquelles ils faisaient peur étaient grosses.

Par exemple, j’aurais pu faire peur à un ours !

– Mais papi, ici, depuis longtemps, il n’y a plus d’ours, rétorque Alan.

– Ah, tu t’en es bien rendu compte.

Tu vois que ça marche !

Quand la mer monte…

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Jack, Lilou et Lola sont en vacances au bord de la mer. Ils construisent un énorme château de sable. Ils sont tellement occupés par leur tâche qu’ils ne s’aperçoivent pas que la mer monte.

Et quand ils s’en rendent compte, l’eau les entoure de toutes parts.

– Au secours ! crient Lilou et Lola.

– Je vais chercher papa ! dit Jack en s’éloignant, de l’eau salée jusqu’aux genoux.

Deux minutes plus tard, papa arrive en souriant, un matelas gonflable dans les mains. Il y installe ses filles et les ramène sur la plage en imitant le bruit d’un moteur de hors-bord.

– Vous êtes sauvées, mes chéries, grâce à l’intervention de « super papa » !

Rouge ou noir ?

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Deux coccinelles se rencontrent sur une pâquerette. L’une est rouge à points noirs, l’autre noire à points rouges.

– Tu es bizarre, toi, fait la première.

Tu es rouge et noire.

– Et alors ? Qu’est-ce qu’il y a de bizarre ?

Toi aussi, tu es rouge et noire, répond la seconde.

– Non ! Moi, je suis noire et rouge, reprend fièrement la première.

– Noire et rouge ou rouge et noire, vous êtes des coccinelles et je parie que vous avez le même goût ! coasse un gros crapaud en bondissant sur elles. Les coccinelles s’envolent à toute allure vers le ciel bleu et blanc.

Ou serait-ce blanc et bleu ?

Torticolis au zoo

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L’automne est arrivé et l’air s’est rafraîchi. Au Bellozoo, les animaux frissonnent et se réfugient à l’abri. Mais Ophélie la girafe a pris froid. Lorsqu’elle se réveille ce matin, elle a un torticolis. Son grand cou est si douloureux qu’elle ne peut plus se baisser.

Le gardien du zoo est inquiet : comment faire pour la soigner ? Ophélie est si grande !

Soudain, le gardien a une idée. Il grimpe sur la trompe de l’éléphant Oscar et peut ainsi accéder au cou d’Ophélie. Puis il lui noue une écharpe autour du cou.

Un baiser en fusée

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Clément est amoureux d’Aline. Il aimerait lui donner un petit baiser. Aline répond toujours en riant :

– Je te donnerai un baiser si tu m’emmènes faire un tour en fusée !

Pauvre Clément, il n’est pas astronaute.

Mais il est futé ! Il a une idée. Un matin, il frappe à la porte de la maison d’Aline.

– Viens avec moi, j’ai une surprise !

Sur la place du village, les manèges de la fête foraine sont installés.

– Deux tickets, s’il vous plaît, demande-t-il au forain en lui tendant un peu de monnaie.

Il prend la main d’Aline et la guide vers une fusée à deux places ! Aline monte en riant. Sous le ciel étoilé du manège, ils échangent un doux baiser, que Clément n’a pas volé !

Une surprise sur le rocher

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Aujourd’hui, Gabriel et Guillaume vont grimper la falaise. Ils se sont bien préparés et ont emporté cordes et casques. Ils grimpent en faisant très attention. Plus ils grimpent, plus la plage leur semble petite. Le rugissement de la mer se fait de moins en moins entendre.

Soudain, Guillaume pousse un cri.

– Attention ! dit-il en esquivant un oiseau.

– Pourquoi ne nous laissent-il pas tranquilles ? demande Gabriel.

Quelques minutes plus tard, ils trouvent la solution : tout en haut de la falaise, il y a un nid avec deux oisillons.

– Waouh ! s’exclament-ils ensemble. Ils descendent immédiatement pour ne pas effrayer les oisillons. Les oiseaux les laissent repartir tranquillement.

Petite Histoire Pour Dormir 09

Petite Histoire Pour Dormir 08

Des carottes très convoitées

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Au printemps, Ferdinand le fermier a planté dans son champ des graines de carottes, se délectant à l’avance des bons légumes qu’il récoltera. À la fin de l’été, Ferdinand se rend donc dans son champ : la cueillette peut commencer ! Mais lorsqu’il déterre la première carotte, Ferdinand ne récolte que les tiges. Il en est de même pour la deuxième, la troisième… et toutes les carottes ! Ferdinand est surpris puis furieux. Il découvre en effet que des lapins ont creusé un terrier juste au bord de son champ… et se sont régalés de ses carottes tout l’été !

Ensorcelée…

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Une fée possédait une paire de souliers ensorcelés avec lesquels elle dansait trop bien pour trouver un cavalier. Un petit cordonnier l’admirait chaque soir, alors qu’elle virevoltait.

Un soir, l’un des lacets des souliers cassa. La fée s’arrêta immédiatement et se mit à sangloter. Le cordonnier se précipita.

– Ne pleure pas, jolie fée, j’ai toujours des lacets dans mes poches !

Il s’agenouilla devant elle. Leurs regards se croisèrent et c’est le cœur de la fée qui fut ensorcelé ! Elle se baissa et ôta ses deux souliers.

– Je crois que je n’en ai plus besoin ! dit-elle en souriant.

La fée et le cordonnier dansèrent jusqu’au matin. Pas très bien… mais ensemble !

Foot, rugby ou… ?

– On joue au foot, propose Clément à Elias.

– Non, au rugby !

– Mais on a un ballon rond, on ne peut pas jouer au rugby.

– Je vais arranger ça, fait Elias en dégonflant un peu le ballon. Tu vois, il est ovale maintenant, on peut jouer au rugby.

– Tu es fou ! Rends-moi mon ballon de foot. Clément souffle dans la valve pour regonfler sa balle. Elias lui arrache, la dégonfle à nouveau. Les deux garçons commencent à se bagarrer pour avoir le ballon.

Quand soudain : PSSSSCHHHH…

Les deux garçons, dépités, regardent le ballon crevé. Catastrophe, il est aussi plat qu’une galette. Elias éclate de rire.

– Ni foot ni rugby, je crois qu’on va jouer au Frisbee !

Hurler à la lune

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Les louveteaux s’entraînent. Ils apprennent à marcher sans faire de bruit, à chasser ou à hurler à la lune.

– Houououou !

– La voilà ! s’exclame le loup-prof apercevant la lune dans la rivière.

Les louveteaux hurlent à la lune jusqu’à ce qu’elle se cache derrière un arbre. Ils retrouvent la lune dans le pare-brise d’une voiture. Les louveteaux hurlent jusqu’à ce que la voiture s’en aille, emportant la lune avec elle. Puis ils repèrent la lune à nouveau sur le lac. Les louveteaux se remettent à hurler jusqu’à ce qu’un gros nuage l’occulte.

– Ne vous inquiétez pas, leur dit le loup-prof, vous avez assez hurlé pour cette nuit.

La lune reviendra demain.

La dernière pomme

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Hanna la pouliche habite dans un champ avec un pommier au milieu. Hanna mange les pommes lorsqu’elles tombent jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une seule.

Hanna essaie de l’attraper mais elle est trop haute.

Le vent souffle, il pleut et il neige. Hanna rentre dans l’écurie pour passer l’hiver. La petite pomme est toute seule, mais elle s’accroche sur l’arbre.

Quand Hanna revient dans le champ au printemps, la petite pomme est toujours sur l’arbre. La pouliche a grandi pendant l’hiver et elle parvient à l’atteindre maintenant. Elle mord la pomme.

Berk ! Un asticot ! Elle n’a pas été la première à goûter à cette dernière pomme !

La mauvaise formule magique

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Pour Halloween, Poc la sorcière décide de confectionner un cake à la citrouille.

Mais elle n’a pas envie d’y passer trop de temps. Elle cherche donc une formule magique dans son grimoire :

« Abracadabra, déjà très grand tu seras ! »

Mais Poc s’est trompée, cette formule sert à faire pousser les légumes !

Aussitôt, le gâteau se met à gonfler et se transforme en une énorme citrouille !

Poc, effrayée, feuillette son grimoire à la recherche d’une formule de secours :

« Abracadabra, minuscule tu deviendras ! »

Le gâteau rétrécit rétrécit, et disparaît !

Finalement Poc retrousse ses manches pour en fabriquer un elle-même, ce sera moins risqué !

La  {#la-voiture}

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Richard, le papa de Sam, vient de s’offrir un bolide rouge très rapide. Lorsqu’il croise son voisin Émile dans sa vieille voiture, il se moque de lui :

– Je suis sûr qu’à pied je vais plus vite que toi !

Peu après, Richard invite ses amis pour leur faire essayer son bolide. Vroum ! Richard appuie sur l’accélérateur et la voiture se met à rouler à toute vitesse. Soudain, pttt, pttt, de drôles de bruits s’échappent du moteur. La voiture s’arrête au bord de la route, en panne. Richard et ses amis sont en train de la pousser quand Émile les double avec son vieux tacot.

– Eh bien, Richard, tu vois bien que je suis plus rapide que toi ! lui dit-il en souriant.

L’adversaire invisible

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Gaston est le meilleur tireur de boules de neige de tout le Nord. Un jour, alors qu’il se promène dans le bois, il reçoit une boule de neige dans le dos.

– Qui a fait ça ? crie-t-il, pensant qu’il s’agit de ses amis.

Personne ne répond. Une autre boule de neige le frappe aux épaules. Il se retourne, mais ne voit toujours personne. Il décide de faire le guet dernière un arbre, une grosse boule de neige à la main. Mais personne ne vient. Il continue alors de marcher et une nouvelle boule de neige le frappe, cette fois sur la tête. Il regarde vers le haut pour voir qui peut bien se cacher dans l’arbre. L’arbre est vide, mais il peut voir le soleil briller à travers les branches et faire fondre la neige.

Gros bêta ! Personne ne lui jette de boules de neige, c’est juste la neige qui tombe des arbres sous la chaleur du soleil !

Lamas en pyjamas

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Lina et Lola sont deux petits lamas. Elles habitent la Haute Prairie et leur poil s’épaissit de plus en plus, les gardant bien au chaud pendant les nuits froides, mais à l’heure de midi, elles ont trop chaud. Alors, lorsque le fermier vient tondre leur laine pour en faire des pulls, elles sont ravies. Elles sautent joyeusement sous le soleil de midi. Mais la nuit, même serrées l’une contre l’autre, elles ont très froid. Elles en parlent à la fermière qui leur promet une surprise. Le lendemain, la fermière revient avec des pyjamas pour lamas. Lina et Lola sont enchantées de leurs nouveaux pyjamas !

Le défaut de Bibi

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Au sein de la ruche, l’abeille Bibi avait un défaut : elle partait toute seule et s’aventurait dans des champs lointains pour aller butiner des fleurs très rares.

Ses alvéoles diffusaient des odeurs différentes des autres alvéoles, ce qui rendait les autres abeilles mécontentes.

Mais l’apiculteur ne récolta bientôt plus que le miel provenant des alvéoles de Bibi, car c’était son miel préféré. Il lui trouvait un goût doux et sucré unique au monde ! Bibi dit aux autres abeilles :

« Venez avec moi, allons butiner ensemble dans mes champs. Les fleurs y ont un parfum unique. »

Et désormais toutes les abeilles butinent ces fleurs rares.

Leur miel a ainsi ce goût si bon et si particulier. Le miel de la ruche de Bibi est devenu très vite populaire et les gens viennent de loin pour le goûter.

Le nid

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Louise la cigogne vit au sommet de la plus haute cheminée de la ville. Un soir, alors qu’elle regagne son nid, elle voit de la fumée s’en échapper. Affolée, elle a très peur pour son œuf. Soudain, une nuée de moineaux vole tout près d’elle. Ils voient le danger qui menace Louise et décident de voler à son secours. D’abord, ils emportent l’œuf. Puis, lorsque le nid est vide, chaque moineau saisit des brindilles et va le reconstruire loin de toute cheminée. Lorsque c’est terminé, l’œuf y est délicatement déposé. Désormais il sera bien à l’abri !

Le panorama

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La terrasse de la nouvelle maison de Sam le vantard offre un panorama sur les montagnes à couper le souffle. Sam raconte donc partout qu’il a la plus belle terrasse du monde. Et il invite tous ses amis à venir le constater eux-mêmes. Quand le grand jour arrive enfin, Sam leur bande les yeux afin que la surprise soit totale.

Une fois que tout le monde est réuni sur la terrasse, Sam s’écrie :

– Et maintenant, vous pouvez regarder ! Tadam !!!

Les invités ôtent leur bandeau… et ne voient que le brouillard et les nuages accrochés aux sommets !

Bien entendu, Sam promet de les inviter un autre jour !

Le poulain et le chaton

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Marguerite, la jument, vient d’avoir un bébé, un splendide poulain baptisé Pruneau.

Mimosa, un chaton gris et noir, vient de naître également.

Hélas ! sa maman a disparu. Que va-t-il devenir ?

Heureusement, Hugo a une idée. Il prélève un peu de lait de Marguerite (qui ne rouspète pas) et, à l’aide d’un biberon, nourrit Mimosa qui en a bien besoin.

Bravo, Hugo ! Tu es un brave garçon. Dans peu de temps, Pruneau et

Mimosa pourront gambader ensemble dans les prés.

Le timbre

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Tomi le petit ourson vient de terminer sa lettre pour le Père Noël : un ballon, des voitures, il n’a rien oublié. Mais lorsqu’il veut la poster, Tomi ne trouve qu’un vieux timbre tout défraîchi qui ne colle plus. Que faire ? Sans timbre, la lettre ne parviendra jamais au Père Noël et Tomi sera privé de cadeaux. Alors que sa maman est en train de préparer le goûter, Tomi soupire, il est très inquiet.

Mais l’ourson trouve soudain la solution : il va coller le timbre sur sa précieuse lettre… avec quelques gouttes de miel !

Le  à l’envers

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Jessica ne veut pas aller à l’école aujourd’hui. Elle en a assez de faire toujours le même trajet.

– Et si on le faisait à l’envers ? suggère maman.

– Mais je vais tomber ! s’exclame Jessica.

Maman lui explique :

– On ne va pas marcher à reculons, on va juste faire la route à l’envers.

Donc, au lieu de passer devant les magasins à l’aller et de traverser le parc au retour, elles traversent le parc à l’aller. Dans le parc, Jessica voit des promeneurs avec leurs chiens et un joli parterre de fleurs qui habituellement est caché par un arbre. Quand elle quitte le parc, elle voit le bus de l’école avec tous ses amis qui lui font un signe de la main ! Jessica arrive à l’école.

– C’était rigolo ! dit-elle. À tout à l’heure, maman, pour le retour chez nous à l’envers !

L’envol

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Oizy et Oiza sont deux oisillons vivant dans un pommier. Impatients de prendre leur envol, ils écoutent sagement les conseils de leur maman pour apprendre à voler. Ils multiplient aussi les idées pour tromper leur ennui, en se bombardant de graines très souvent. Chaque matin, le canari de l’empereur vient les narguer sur leur arbre.

– À votre âge, moi, je savais voler, fanfaronne-t-il.

Oizy et Oiza sont furieux et s’entraînent à nouveau.

Mais ils se cognent désespérément contre les branches, atterrissant en catastrophe un peu plus bas.

Un matin, le canari décide de leur faire une démonstration de son adresse. Il exécute des vols en piqué, se redressant à quelques centimètres du sol. Il ne remarque pas la présence du chat siamois de l’empereur, très agacé par les gesticulations du canari. Le chat essaie d’attraper le canari et griffe l’air de ses pattes, en vain. Mais, le lendemain, alors qu’ils sont seuls au nid, Oizy et Oiza aperçoivent soudain le chat s’approchant à pas feutrés du canari, assoupi sur une branche basse du pommier. C’est sûr, le chat va se venger et n’en faire qu’une bouchée !

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Oizy et Oiza oublient les moqueries du canari et se jettent dans le vide à son secours. Mais, dans la panique, Oiza oublie tout ce que leur maman leur a appris et dégringole droit dans la gueule du chat ! Oizy la rattrape et lui hurle d’ouvrir ses ailes.

Oiza remonte enfin en flèche. Pendant ce temps,

Oizy donne des coups de bec sur la tête du chat.

Oiza revient le bombarder avec des noisettes.

Le canari, réveillé par leurs cris, s’est envolé, il est sauvé. Le chat prend la fuite, déconfit.

Plus tard, quand leur maman rentre au nid et leur demande s’ils ont été sages, Oizy et Oiza se font un clin d’œil.

– Bien sûr, maman !

C’est sûr, elle sera très fière d’eux quand elle verra leurs progrès !

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Les crêpes doivent cuire des deux côtés

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Maud et Hugo, très intéressés, regardent mamie qui prépare de la pâte à crêpes : de la farine, des œufs, du lait… et on mélange le tout. Un peu d’huile dans une poêle chaude et on verse une ration de pâte. Rien de plus simple… en apparence. Mais pour que la crêpe cuise de l’autre côté, il faut la faire sauter. Mamie confie cela à Hugo… qui la lance trop fort. Papi avait prévu le coup et essaie de rattraper la crêpe. Malheureusement, elle tombe à côté et atterrit sur ses souliers.

– Quand j’étais jeune, dit-il, j’étais gardien de but. Je vais devoir reprendre l’entraînement !

On ne joue pas avec…

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– Gredin ! Descends de mon arbre !

– C’est mon arbre, scélérat ! C’est à toi de descendre !

– Je n’en ferai rien, canaille ! Tu vas voir tes fesses !

– Et toi, les tiennes, canaille !

Deux petits pandas jouent aux chevaliers dans les branches d’un arbre, tenant leurs bambous comme des épées. Leurs rires résonnent dans la montagne.

– Dites donc, les enfants ! s’exclame leur maman, d’un ton sévère. Qu’est-ce que c’est que ça ? Terminez vos tiges de bambou et plus vite que ça ! Je vous ai déjà dit de ne pas jouer avec la nourriture !

Pas si vert

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Au pays de Nogard, tout est vert. Les dragons sont verts et se ressemblent tous. Ils ont même du mal à se distinguer les uns des autres.

– Hé ! Trèfle, viens vite, le nouveau bébé va éclore ! dit Épinard.

– Je ne suis pas Trèfle, je suis Moussu, hé !… Es-tu Kiwi ?

– Non. Moi, c’est Épinard. Allons-y !

Le bébé dragon sort sa tête de l’œuf… il est rouge ! C’est un bébé dragon de feu !

– Je m’appelle Frizzy, dit-il, en soufflant des flammes vers les autres.

Les dragons vont rafraîchir leur visage dans la rivière. Ils ne sont pas brûlés, mais le feu a changé la couleur de leur peau. Ils regardent leurs nouvelles images de dragons noirs, marron et bleus… Désormais il n’y aura plus de confusion, mais ils devront peut-être penser à changer leurs noms !

Petit Nuage

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Petit Nuage est si petit que tous les autres nuages se moquent de lui :

– Ton ombre est minuscule !

– Tu ne peux pas faire tomber de pluie !

Ils sont si méchants qu’un beau matin Petit Nuage s’enfuit loin de chez lui. Alors qu’il se laisse flotter tristement, il entend soudain sangloter.

C’est une plante, une impatiens. Il lui demande ce qui ne va pas.

– Le jardinier s’est trompé, il m’a plantée au soleil. Je risque de mourir sans ombre.

Aussitôt, Petit Nuage masque le soleil. L’impatiens redresse ses belles fleurs mauves et remercie Petit Nuage. Et ces deux-là ne se séparent plus !

Plume de…

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Plusieurs tribus d’Indiens se réunissent en un grand pow wow. L’une des tribus prend la parole.

– Chez nous, chaque enfant s’appelle Plume, suivi du nom du premier animal que sa maman a vu voler. Je m’appelle Plume-d’Aigle-Royal, explique le chef.

– Je suis Plume-de-Faucon-Argenté, déclare le suivant.

– Et moi, Plume-de-Corbeau.

Tous donnent leur nom, sauf un petit, qui boude dans son coin.

– Et toi, tu ne veux pas nous dire comment tu t’appelles ? lui demande un vieil Indien.

– À chaque fois que je dis mon nom, tout le monde se moque, râle le petit.

– Pourquoi cela ?

– Parce que je m’appelle Plume-de-Chauve-Souris. Est-ce ma faute si je suis né la nuit dans une grotte ?

Pris au piège

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Aujourd’hui, Monsieur Pric a décidé de poser de la moquette dans sa chambre. Auparavant, il doit étaler de la colle partout sur le sol.

Il commence par l’entrée puis recule petit à petit jusqu’au fond de la pièce. Soudain, Monsieur Pric entend son meilleur ami l’appeler par la fenêtre :

– Ohé ! Tu viens manger une glace avec moi ?

Mais Monsieur Pric ne peut pas bouger, il est bloqué, cerné par la colle. Quel dommage !

Par cette chaleur, il se serait bien accordé une petite pause rafraîchissante…

Quelques fleurs…

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Pour égayer son jardin, Monsieur Pric y sème des graines de fleurs puis les arrose soigneusement. Mais les jours passent et aucune fleur ne pousse.

– Je suis un piètre jardinier, marmonne-t-il un soir en rentrant chez lui. En le voyant si abattu, son voisin a pitié de lui. Sitôt la nuit tombée, il se glisse dans le jardin de Monsieur Pric et met son plan à exécution. Le lendemain, quand Monsieur Pric se lève, il est ravi de découvrir des pétunias et des bégonias dans ses plates-bandes.

– C’est quand même bizarre, j’étais sûr d’avoir planté des narcisses et des iris, dit Monsieur Pric en se grattant la tête.

Rien ne sert de courir !

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Un escargot attend près d’une salade. Sur sa coquille, il a collé un insigne : « Police du jardin ». Des fourmis passent devant lui.

– Stop ! fait l’escargot. Vous n’avez pas le droit d’y toucher. C’est la salade des escargots.

– Et tu crois que tu vas réussir à nous en empêcher ? Tu es si lent qu’on aura mangé ta salade avant que tu n’aies parcouru deux centimètres, se moque une fourmi.

– Je vous aurai prévenues.

Les fourmis continuent d’avancer en ignorant l’escargot.

– Ah, au secours, on est collées ! crient-elles soudain.

– Eh oui, les fourmis ! On ne peut pas courir, mais baver, on sait !

Ruse de dragon

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Le roi Bedon Ier annonce qu’il donne sa fille Bella à marier. Les princes accourent devant le château pour l’épouser. Devant eux, se dresse un énorme dragon.

– Bella épousera celui qui me terrassera !

Les princes s’excusent : « Je n’avais pas envie de me marier », « J’ai un cheval à dresser », « J’ai du lait sur le feu »… avant de s’enfuir au galop.

Seul Géraud, le palefrenier, saisit une fourche et la plante dans les fesses du dragon.

– Ouille, ça pique ! fait l’animal avant de reprendre l’apparence du roi Bedon.

– Ça va, papa ? demande Bella. C’est avec Géraud que je me marierai.

– Mais il n’est pas prince, s’exclame le roi.

– C’est le seul à mériter de m’épouser.

Il sera donc Géraud, mon Prince des Braves !

Tel est pris qui croyait prendre

Gaby ne peut pas sortir de son trou de souris aujourd’hui : devant sa porte, une tapette a été déposée, surmontée d’un superbe morceau de gruyère.

Que faire ? Le déguster au risque de se faire attraper ou le délaisser et s’affamer ?

Heureusement, Gaby a bientôt une idée : elle s’approche de la tapette et sifflote pour attirer Ramina le chat.

Son ennemi juré s’approche bientôt en se léchant les babines. Miam ! Il va croquer cette jolie souris dodue.

Ramina bondit. Clac !

Le piège se referme sur le nez du chat… et Gaby la souris emporte le morceau de gruyère. Quel régal en perspective !

Un bien curieux cadeau

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Noël est tout proche, mais la neige n’a pas encore fait son apparition.

Avant d’aller se mettre au lit, Lilou, Lola et Jack accrochent chacun une grande chaussette à la cheminée dans l’espoir de recevoir un cadeau du Père Noël.

Au matin, ils se précipitent dans le salon et découvrent : un énorme livre de contes pour Lilou, des bottes fourrées pour Lola et trois bananes pour Jack.

– Des bananes ! s’étonne notre ami. Le Père Noël a dû se tromper.

– Pas du tout ! répond Lola, très sérieuse. C’est sans doute parce que tu n’arrêtes pas d’imiter les singes que nous avons vus au zoo l’été dernier. Bon appétit, Jack !

Voleur !

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Raymond le mouton se réveille un matin avec l’impression que quelque chose a changé. Il se lève et sent un petit vent frais le chatouiller.

– Mais, mais ! s’exclame-t-il horrifié. Je suis tout nu !

Il sort, paniqué. Il aperçoit Louis, le fils du voisin, qui est venu porter de l’herbe aux lapins. Il est vêtu d’un gilet de laine beige.

– Bêêêê ! Voleur ! Rends-moi mes habits !

Bêêêê ! Méfiez-vous les lapins, il va vous voler votre peau, bêle-t-il.

Depuis ce jour, tous les animaux tremblent et partent se cacher quand ils voient le garçon. S’il les comprenait il entendrait :

« Attention, voilà le voleur ! »

Pauvre Louis !

Petite Histoire Pour Dormir 07